Pas une journée ne passe sans que l’actualité nous ramène comme un mantra l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre au Québec et le défi que cela représente pour le développement économique.

Emmanuël Augarde Emmanuël Augarde
Directeur de talents de la division canadienne de Talentsoft

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 81 % des PME avouent avoir des difficultés à embaucher du personnel qualifié. Pas moins de 140 000 postes sont actuellement à pourvoir. Face à cette nouvelle réalité du marché du travail, les entreprises, petites comme grandes, doivent s’adapter afin de créer une atmosphère de travail permettant la rétention des talents grâce à de nouvelles méthodes de gestion.

C’est encore plus vrai aujourd’hui avec l’apport grandissant des milléniaux, cette génération née quelque part entre 1982 et 2004. Pour la première fois l’an prochain, le poids démographique de cette cohorte dépassera celui des baby-boomers au Canada. Ils seront 10 millions, 600 000 de plus que la génération de leurs parents.

Leur présence sur le marché du travail se fait dans un contexte fort différent de celui des boomers. Dans un contexte de plein emploi, ils ne craignent pas de perdre leur emploi comme ç’a longtemps été le cas pour leurs parents. Ils sont plus mobiles et leurs attentes sont fort différentes.

Au-delà du gagne-pain quotidien, ils souhaitent s’impliquer dans leur milieu de travail, être consultés, vivre une expérience enrichissante.

Certaines entreprises l’ont compris et ont déjà emboîté le pas aux nouvelles tendances en matière de gestion des employés. Les entreprises québécoises évoluent désormais dans un marché caractérisé par le plein emploi et une rareté de main-d’œuvre manifeste depuis quelques années déjà. Elles n’ont donc d’autre choix que de faire évoluer leurs pratiques, d’autant que le Québec fait face à une croissance rapide des activités.

Mais de quelles tendances innovantes parlons-nous ? Sachant que 86 % des dirigeants affirment que la rétention des employés augmente lorsque les gestionnaires échangent davantage avec leurs collaborateurs*, les organisations doivent favoriser l’établissement d’une culture basée sur le dialogue en continu. Finie l’époque où les gestionnaires devaient se contenter d’établir les objectifs annuels de leurs collaborateurs pour ensuite les évaluer 12 mois plus tard. Nous sommes à l’ère de l’instantanéité, de la rétroaction en direct, imposée notamment par la culture des médias sociaux.

Le numérique au service des ressources humaines 

Plus que jamais, alors que la vie au travail se passe de plus en plus en accéléré, le recours à une expérience de ressources humaines numérique conviviale fait partie de l’arsenal des solutions à déployer sur le terrain. C’est justement ce qu’a fait l’Aéroport de Québec en faisant appel à la technologie du cloud et au savoir-faire de spécialistes en gestion des ressources humaines pour mettre en place un système permettant d’optimiser les résultats, les coûts et la rétroaction aux équipes en implantant une approche de conversation continue numérique.

Sachant que 95 % des gestionnaires sont insatisfaits de leurs systèmes de gestion de la performance et que 59 % des employés estiment que les évaluations de la performance ne valent pas le temps et les efforts requis**, le moment est probablement venu de remettre en question certains dogmes d’une époque aujourd’hui révolue en matière de gestion de la main-d’œuvre.

Dans ce domaine aussi, la technologie et l’intelligence artificielle devront obtenir la place qui leur revient. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, cela devient une question de survie pour de plus en plus d’entreprises.

* Enquête clients Talentsoft 2018

** CEB Global 2017