L’économie n’existe pas dans un vacuum. Elle se déploie dans un contexte. Souvent changeant. Un contexte marqué par la mondialisation, les nouvelles technologies et la menace climatique. C’est pour cela qu’on ne peut plus la penser comme il y a 20 ou 30 ans. Il faut une vision nouvelle et audacieuse.

Hélène Laverdière Hélène Laverdière
Collaboration spéciale*

D’abord, évidemment, pour faire face aux changements climatiques qui sont non seulement une menace pour l’économie, notre bien-être et notre santé, mais aussi une occasion de repenser nos façons de faire et de développer une économie à la fois plus verte et plus juste. Renforcer les économies locales, incluant l’agriculture, investir dans les technologies vertes, miser sur les transports en commun, des mesures qui peuvent nous être bénéfiques, tant du point de vue social qu’environnemental. Selon une étude qui date déjà de quelques années du Programme des Nations unies pour l’environnement, la mise en œuvre de politiques vertes misant sur une économie faible en carbone pourrait créer des dizaines de millions d’emplois, même en tenant compte des pertes dans les secteurs qui refuseront de s’adapter, tout en diminuant la pauvreté un peu partout dans le monde. 

Investir pour des infrastructures publiques vertes et mettre de l’avant des politiques telles que la rénovation écoénergétique crée des emplois, rend la vie au sein de nos collectivités plus agréable et contribue à lutter contre les changements climatiques.

C’est là, me semble-t-il, qu’on devrait investir, plutôt que dans des pipelines, un investissement à courte vue, en contradiction totale avec notre engagement à se libérer du pétrole.

Et il existe aussi une foule d’enjeux sur lesquels nous aurions pu intervenir depuis plusieurs années. Le refus du gouvernement libéral de taxer les géants du web n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’apathie et du manque de vision de nos gouvernements successifs, et leur tendance à toujours se préoccuper d’abord et avant tout des intérêts des plus gros. Non, une taxe Netflix n’est pas une « nouvelle taxe ». C’est appliquer à tous les mêmes règles qu’aux entreprises et créateurs d’ici et se donner les moyens financiers de soutenir notre culture. La numérisation rapide du paysage médiatique et l’inaction du gouvernement mettent en péril les arts, la culture qui sont au cœur de ce que nous sommes et les emplois de cette industrie de 9 milliards de dollars qui crée des emplois de qualité pour près de 180 000 personnes au Canada.

Et il ne faut pas s’arrêter là. Nous devons en faire plus aussi pour nous assurer que toutes ces méga-multinationales, toutes, quel que soit leur secteur d’activité, ne se substituent pas à nos gouvernements démocratiquement élus, ne puissent pas faire avancer leurs propres intérêts économiques au détriment du bien-être collectif. Cela nécessite bien entendu de s’attaquer beaucoup plus sérieusement à des questions comme l’évasion fiscale, qui prive les gouvernements de milliards en revenus qui pourraient être utilisés pour fournir de meilleurs services aux citoyens, mais aussi, par exemple, de cesser de signer des traités de libre-échange qui leur donnent le droit de contester des mesures sociales économiques et environnementales adoptées par ces mêmes gouvernements.

Les choix économiques d’aujourd’hui vont façonner notre futur. C’est pour ça que j’espère que les jeunes vont voter. Et qu’ils ne voteront pas dans la peur, mais dans l’espoir. Avec un message clair sur le type de futur qu’ils désirent. Car comme le disait Jack Layton, l’espoir est meilleur que la peur.

* Députée fédérale néo-démocrate depuis 2011, Hélène Laverdière ne se représente pas aux élections fédérales de 2019.