Chaque année est ponctuée de journées ou semaines consacrées à un thème ou une maladie : la fête des Mères, le jour de la maladie de Parkinson, le Movember (mois de la santé des hommes qui inclut le suicide des hommes parmi les conditions ciblées), et finalement la semaine de la santé mentale. Le but de mettre au premier plan des populations ou conditions qui évoluent dans l’ombre est admirable. Mais une fois la journée, la semaine ou le mois passés, l’ombre recouvre à nouveau le sujet.

Valérie Tourjman Valérie Tourjman
Psychiatre spécialiste, Montréal

Chaque année, de nombreuses personnes dans notre société souffrent dans l’ombre d’une maladie mentale. Selon une étude à échelle mondiale (Kessler, 2009), de 18 % à 36 % des gens éprouvent un problème de santé mentale au cours de leur vie. Selon l’Organisation mondiale de la santé, au sein des pays pauvres ou de richesse moyenne, la majorité (76 %-85 %) des personnes affectées par des troubles mentaux ne reçoivent aucun traitement.

Au sein des pays riches, c’est de 35 % à 50 % des citoyens qui ne reçoivent aucun traitement*.

Les troubles mentaux ont tendance à atteindre les plus jeunes ainsi que les jeunes adultes et ont un grand impact sur l’invalidité au travail.

Pourtant, il est important de souligner que des traitements efficaces existent, allant de la psychothérapie à la médication. Des interventions psychosociales et pharmacologiques peuvent soulager la symptomatologie et réduire les taux de rechute.

Ces traitements, alliés au courage et à la volonté, permettent à des personnes souffrant de troubles mentaux de sortir de l’ombre et de s’intégrer à nouveau sur le plan interpersonnel, social et professionnel.

Accès au traitement

Afin d’atteindre ce but, il est important d’assurer l’accès au traitement, que ce soit par le truchement d’interventions sociales, d’interventions psychothérapeutiques éprouvées ou d’interventions médicamenteuses personnalisées.

Statistiquement, lorsqu’une personne éprouve des troubles de santé mentale et qu’elle obtient de l’aide dans les premiers mois suivant leur apparition, elle a davantage de chances de se rétablir plus rapidement.

Le dépistage et le traitement précoces réduisent également la probabilité que les troubles de santé mentale deviennent chroniques. Parler des troubles mentaux est important et nécessaire pour briser les tabous. Mais, en dehors des tabous, il y a l’importance de l’accès aux soins adéquats. Il est essentiel d’y consacrer une portion du budget alloué à la santé, étant donné l’envergure du problème. Gardons la maladie et la santé mentale au cœur de nos préoccupations, continuons d’en parler et surtout, agissons !