Madame Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés, il ne sert à rien de nous répéter que seront créées des milliers de places dans de futures Maisons des aînés.

Carol Patch-Neveu Carol Patch-Neveu
Montréal

Qu’avez-vous donc réellement entrepris depuis un an afin de pallier la pénurie chronique de places en établissements de soins de longue durée ? Vous avez fait partie provisoirement du gouvernement précédent ; nous rappeler son laxisme maintenant ne règle rien.

Attendent dans des lieux mal adaptés à leurs besoins et à leur état cognitif des aînés qu’il n’est plus possible de maintenir à domicile, non seulement à cause de l’évolution du tableau clinique global, mais parce que les familles désemparées ne suffisent plus à combler toutes les lacunes du système depuis des années. C’est scandaleux.

La CAQ n’est plus en campagne électorale. Faire miroiter la promesse de Maisons des aînés ne suffit plus : elles ne sont pas construites ! Existe actuellement une flagrante et préoccupante pénurie d’infirmières et de préposées dans les CHSLD. Dans les ressources intermédiaires, qui doivent accueillir des cas trop lourds, le nursing est inexistant en soirée et la nuit, voire le week-end, le fardeau des préposées est énorme, dépassant parfois leur champ de compétences, elles composent si mal avec certains types de résidants qu’ils doivent être envoyés dans les urgences hospitalières, ce qui envenime leur état.

On manque affreusement de ressources humaines et vous nous garantissez une solution miracle pour les baby-boomers encore autonomes ?

Les soins de longue durée sont hyper engorgés, le personnel, épuisé et démotivé, les familles, découragées. Quand ils sont en relogement provisoire, l’état de beaucoup d’aînés se dégrade vite, de modéré à sévère ; s’ajoutent des troubles comportementaux liés à l’anxiété découlant d’une déstabilisation, d’une désorientation telles que le résidant n’attend plus sa place pour un CHSLD, mais pour une unité prothétique en CHSLD.

Ils stagnent sans domicile fixe, en transition, pendant des mois, dans un pseudo-milieu de vie, parfois surmédicamentés, en manque de stimulation, les proches ne sachant plus comment les rassurer ni les faire patienter. L’errance, le délire deviennent parfois leurs mécanismes de défense, leurs moyens de survie.

Madame la Ministre, quelles sont vos solutions concrètes à court terme pour mettre fin au ballottage de nos aînés en perte d’autonomie et en déclin cognitif ? 

« Ici et maintenant », c’était le slogan de campagne de la CAQ et c’est ici et maintenant que les familles veulent voir leurs proches parents traités dignement, non pas comme des clochards encombrants.