Réduire les GES sans que ça fasse trop mal

Le parc national Forillon, en Gaspésie... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le parc national Forillon, en Gaspésie

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

PASCAL GRENIER

Coordonnateur, Groupe de simplicité volontaire de Québec

Les gouvernements et les entreprises ont un rôle important à jouer pour réduire les gaz à effet de serre (GES). Qu'on pense seulement aux politiques et aux investissements publics en matière d'énergies renouvelables, de transports en commun, d'efficacité énergétique des bâtiments, d'étalement urbain, de densification des villes, de diminution des îlots de chaleur et de gestion des déchets.

Les individus aussi, dans leur vie personnelle, peuvent jouer un rôle important pour réduire les GES. Le mouvement de simplicité volontaire propose cinq manières de diminuer notablement les GES sans que ça fasse trop mal : la diminution de la grandeur des logements, la réduction de la taille des voitures, la limitation des voyages en avion, la diminution de la consommation de viande et, enfin, la prolongation de la durée de vie des vêtements (la mode).

La diminution de la grandeur des logements

Même si, selon le journal Les Affaires, la taille des maisons a diminué entre 2000 et 2007 au Canada, passant de 2300 pi2 à 1900 pi2, elle est encore beaucoup plus grande que celle des Britanniques (800 pi2) et des Chinois (600 pi2). Nos logis n'abritent que 2,5 personnes en moyenne en raison du phénomène du « nid vide », c'est-à-dire des logements où réside un couple ou une personne seule depuis que les enfants sont partis, laissant leurs chambres inoccupées. Il n'y a souvent que des raisons sentimentales qui retiennent les gens de déménager dans un logement plus adapté à leurs besoins.

La réduction de la taille des voitures

Selon la Société de l'assurance automobile du Québec, 6,6 millions de véhicules de promenade circulent en 2019 dans la province ! Et on a doublé en sept ans la somme d'argent dépensée pour acheter des camions légers, selon Pierre-Olivier Pineau de HEC Montréal.

Même si les avancées technologiques font en sorte que les nouveaux véhicules polluent moins, l'effet est annulé lorsqu'on considère que le parc de nouveaux véhicules a tendance à augmenter de taille et de poids.

Les Québécois ne s'en tiraient pas si mal, il y a quelques années, avec une majorité de voitures compactes. Ça ne demanderait pas un si grand effort que d'y revenir.

La limitation des voyages en avion

L'avion est responsable de la production de 2 à 3 % des GES, mais de 4,9 % du forçage radiatif total (quand on prend en compte tous les facteurs), selon Wikipédia. Le nombre d'utilisateurs est en croissance rapide. À titre d'exemple, il a crû de 6,2 % en 2018 à l'aéroport international Jean-Lesage à Québec. Choisir une destination vacances est souvent un geste spontané, mais opter pour la Gaspésie plutôt que la Chine peut avoir des conséquences considérables sur l'émission de GES, sans réduire le plaisir de voyager. Et c'est sans compter que voyager au Québec diminue le stress des aléas des aéroports, les difficultés avec les langues et les monnaies étrangères, la nécessité de prendre une assurance maladie spéciale, etc. Voyager plus souvent local peut donc présenter bien des avantages.

La diminution de la consommation de viande

La consommation de viande a des conséquences considérables sur la production de GES. Selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture de 2006, l'industrie de l'élevage et de la production laitière produit 18 % de tous les GES.

Actuellement, 75 % des terres cultivées dans le monde sont mobilisées pour nourrir les bestiaux. 

Réduire sa consommation, particulièrement de viande rouge, est un geste important pour l'environnement. En effet, le boeuf engendre quatre fois plus de CO2 que le poulet par kilogramme de viande produite.

Finalement, en plus de préserver la biodiversité, la réduction de la consommation de viande est meilleure pour la santé, le portefeuille et le bien-être animal. Devant tous ces avantages, on peut constater que ça ne demande pas un grand effort pour une famille que de diminuer le nombre de repas de viande chaque semaine.

Le prolongement de la durée de vie des vêtements

Selon le Journal Armand-Corbeil, la mode se situe au deuxième rang des industries les plus polluantes sur terre, après celle du pétrole. Il y a production de 150 milliards de pièces de vêtements chaque année sur la planète. Les Québécois achètent 26 kg de textile par an et en jettent 23 kg durant la même année.

En plus de produire des quantités considérables de GES, les textiles nécessitent, dans le cas du coton, beaucoup d'engrais, de pesticides et d'eau.

Il existe plusieurs façons de réduire sa consommation de textiles sans que ça fasse trop mal. On peut, en plus de refuser de suivre la mode qui change d'ailleurs plusieurs fois par année, échanger ses vêtements avec des parents et amis (particulièrement facile pour le linge d'enfants), réparer ses textiles et acheter ses vêtements dans les friperies.

Ces cinq manières de diminuer la production de GES sont un gain pour l'environnement. Elles sont aussi une invitation à vivre plus simplement. En effet, moins consommer diminue le besoin d'argent, ce qui permet de gagner du temps à investir pour soi, sa famille et sa communauté.




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