J’ai pleuré la mort de mes parents, le week-end dernier.

Jackie B. Hamilton
Auteure et blogueuse en éveil de conscience

Avec mon amoureux, nous sommes allés nous balader du côté du pays de mon enfance. En fait, nous étions même censés nous rendre dans ma ville natale, mais voilà qu’en cours de route, il m’est arrivé quelque chose de vraiment étrange.

Dès que nous nous sommes rapprochés de la mer, j’ai senti monter en moi une émotion intense. Une tristesse d’une profondeur sans pareil, comme lorsqu’on vient d’apprendre la mort d’une personne qu’on aime et qu’on est sous le choc.

Je me suis retournée vers mon conjoint pour lui dire : « Je ne sais pas ce qui se passe… », et là, j’ai été submergée par un torrent de larmes.

Soudainement et venant de nulle part, je me suis mise à éprouver quelque chose que je n’avais pas vraiment ressenti depuis la mort de mes parents il y a de cela plusieurs années : ils me manquaient incroyablement. Pour la première fois, je réalisais qu’ils n’étaient plus là.

Ce fut un va-et-vient d’émotions tout au long de mon court séjour en terre gaspésienne. Tantôt joyeuse de me retrouver dans ce coin de pays où l’air est si bon à respirer ; tantôt secouée par une vague de larmes, parce que je venais de penser à quelque chose qui me reliait à mes parents.

J’ai beaucoup réfléchi aux raisons qui font que, soudainement, je suis devenue aussi sensible par rapport à la disparition de mes parents.

Ce que vous devez savoir, c’est que je n’ai jamais été proche d’eux, et particulièrement de ma mère avec qui j’ai vécu une relation très difficile. 

J’ai d’ailleurs été des années à lui en vouloir, puis j’ai fait la paix le jour où je suis devenue moi-même maman.

Ainsi, je suis passée de blessée à insensible. Et c’est peut-être là que se trouve la clé du mystère… Durant toutes ces années, j’ai vu mon état d’indifférence comme quelque chose de positif, puisqu’il me permettait d’avancer et de me sentir bien.

Pourtant, j’avais probablement érigé un mur autour de mon cœur pour ne pas « ressentir » tout simplement, emprisonnant du coup toutes ces choses non réglées.

Être ainsi tellement vulnérable et fragile m’a beaucoup déstabilisée sur le coup, mais avec les heures qui passent, je réalise que c’est sans doute parce que j’ai finalement baissé la garde que le flot d’émotions qui m’habitait depuis toujours a pu enfin circuler librement.

Est-ce que je suis sur l’avant-dernière marche qui va m’amener à pardonner totalement à ma mère d’avoir failli à son rôle ? Je le crois.

Je le crois parce que lorsque je pense à elle, je ne ressens plus de l’indifférence, mais de la compassion pour un être humain qui a fait de nombreuses erreurs et a emporté avec elle le poids de chacune.