Je ne suis pas une jovialiste aux lunettes roses, mais une sincère optimiste. Il faut se lever de bonne heure pour m’abattre, me décourager, et la plupart du temps, je suis convaincue qu’il y a solution à tout problème.

Julie Du Page Julie Du Page
Actrice, chroniqueuse, animatrice et blogueuse

Pourtant, mon enthousiasme habituel fait défaut sur un sujet qui me rend particulièrement anxieuse : les conséquences du réchauffement de la planète. Ma lucidité m’empêche d’être rassurante auprès des miens et de trouver les mots justes. Je suis dans une impasse, qu’est-ce que je dis à mes enfants ?

« Habituellement, maman a toujours un plan B, mais là elle n’en trouve pas ? »

Je n’ai pas la prétention d’être une citoyenne irréprochable, on peut toujours s’améliorer. Depuis plus de 10 ans, mes habitudes familiales en matière d’écologie ont nettement évolué : conscientisation, recyclage, compost, voiture électrique, diminution de la consommation d’eau et j’en passe. Mais l’enjeu n’est malheureusement plus là. Nos petits gestes quotidiens écolos, si louables soient-ils, ne sont plus que des coups d’épée dans l’eau.

Nous sommes passés de la bonne conscience « soft et gentille » des bacs bleus et verts de recyclage à une réalité brutale, alarmante et anxiogène.

Il suffit de constater les rapides changements et phénomènes climatiques qui ont des conséquences dramatiques : mouvements sismiques, niveau des océans, zones côtières inondées, ouragans démesurés, dégel du pergélisol, GES, manque d’eau potable, etc.

En 2019, qui peut encore douter de cela ?

De la consommation à la consternation

Après les privations de leurs parents à cause de la guerre, les baby-boomers sont entrés dans une ère de consommation tous azimuts, de développement économique, de jouissance, d’accès à la modernité. L’environnement et l’écologie n’avaient pas leur place. Peut-on refaire l’histoire et les blâmer ? Ma génération X a longtemps ignoré l’ampleur des dégâts, jusqu’à ce que la question de l’avenir de nos enfants nous sensibilise à cette accélération des scénarios pessimistes. Nous constations certains phénomènes déréglés, mais l’échéance nous semblait tellement loin. Aucune des générations précédentes n’a fait face à une situation aussi catastrophique.

Avec sa grande maturité et son discours impétueux, Greta Thunberg donne confiance et soulève toute une génération de jeunes, conscients de la gravité et de l’urgence de la situation.

En mobilisant les foules ainsi, elle fait passer magistralement un message. Jusqu’à présent, personne n’avait réussi à le faire ! Pourra-t-elle vraiment contribuer à changer le monde ? In Greta we trust… Ses détracteurs sont souvent des baby-boomers qui se voient forcés de prendre leur part de responsabilité. Leur règne hédoniste et victorieux est bel et bien terminé, ce n’est pas toujours facile à endosser.

S’il y a encore une solution, elle doit passer par une conversion radicale des puissants de ce monde qui ne voient que leurs intérêts déconnectés de la réalité. Notre modèle économique mondial reste encore et toujours basé en très grande partie sur les énergies fossiles et la surconsommation. Leurs lobbys sont si puissants…

La plupart des politiciens n’ont pas le courage et la lucidité d’adopter les mesures drastiques nécessaires à l’amélioration du sort de notre chère planète. Xi Jinping, souhaitez-vous réellement développer une Chine plus verte ?

Et vous, les Trump, Poutine, Bolsonaro de ce monde, vous méritez le bac à ordures ! Et moi dans tout ça, qu’est-ce que je dis à mes enfants ?

« L’avenir est entre vos mains, agissez vite et mieux que nous l’avons fait ! Et surtout, exigez… »