En réponse au texte du premier ministre François Legault publié hier, « J’ai entendu votre cri du cœur »

Dominique Anglade Dominique Anglade
Députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, l’auteure est candidate à la direction du Parti libéral du Québec

Monsieur le Premier Ministre, la lettre ouverte que vous avez publiée hier aurait pu être publiée il y a 20 ans, au moment où vous entriez en politique. Elle aurait eu alors une certaine pertinence.

Mais voilà, nous sommes 20 ans plus tard. Même si le mouvement est principalement porté par les jeunes, la question de la lutte contre les changements climatiques interpelle tout le monde. « Tendre la main à la jeunesse » ne suffit plus. Nous devons plutôt assumer notre leadership afin de diriger notre nation, le Québec, dans le plus important combat du XXIe siècle. Ce n’est pas tant aux jeunes qu’il faut répondre mais à l’urgence climatique elle-même.

Les Québécois n’ont pas besoin d’être flattés, ils n’ont pas besoin de belles paroles, ils ont besoin d’un projet de société qui reflète l’urgence de la situation. La lutte contre les changements climatiques, ça ne s’improvise pas ; ça se prépare sérieusement et ça se décline par des politiques ambitieuses…

Le Québec est déjà et depuis longtemps une superpuissance énergétique, et ce, grâce à la vision de Jean Lesage et de Robert Bourassa. Alors que nous représentons à peine 0,01 % de la population mondiale, le Québec est le quatrième producteur d’hydroélectricité au monde. Mais ça ne suffit plus, nous devons aspirer à plus et bâtir sur cette force au lieu de nous en contenter. Ce sera cela, la véritable audace.

La lutte contre les changements climatiques ne peut pas non plus se gagner sur un seul front. L’environnement touche tout, ce que nous étudions, ce que nous mangeons, ce que nous respirons, ce que nous transformons. Nous devons opérer un changement profond qui touche tous les pans de la société québécoise.

Pourquoi ne pas commencer, entre autres, par la création d’un Institut national du climat ? Une première dans le monde.

Le Québec pourrait ainsi se doter d’un organisme indépendant qui établit les meilleures pratiques, qui suit les progrès réalisés et veille ainsi à l’atteinte de nos objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques. Un véritable chien de garde qui tient le gouvernement imputable des cibles qu’il s’est fixée. Un catalyseur d’innovation qui accompagne les entreprises et les organismes pour atteindre leurs propres cibles et qui assurerait notre transition vers la carboneutralité en 2050.

Des propositions concrètes, il en existe déjà plusieurs sur la table et le minimum serait l’adoption d’une loi forçant le respect de nos engagements en matière d’environnement.

Le Québec que nous aimons, celui de nos lacs, de nos rivières, de nos forêts, de nos espaces, celui dont nous sommes fiers mérite plus que des paroles, il mérite un véritable plan à la fois concret et audacieux. Un véritable plan de match que j’entends proposer lors de la course à la direction du Parti libéral du Québec.

L’heure des slogans et des paroles est bel et bien dépassée.