Plusieurs textes publiés récemment dans La Presse ont fait écho aux intentions de notre gouvernement de modifier la gouvernance qui veillera à l’action du gouvernement du Québec en matière de lutte contre les changements climatiques et d’électrification de l’économie.

Benoit Charette et Jonatan Julien
Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, et ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles

Ces gestes visent à remplacer une structure dont plusieurs déplorent depuis longtemps la confusion des rôles, les responsabilités diffuses et, inévitablement, l’absence de résultats concrets.

À lire certains de ces textes, on pourrait toutefois croire que le gouvernement se contente d’abolir des structures – en l’occurrence le Conseil de gestion du Fonds vert et Transition énergétique Québec (TEQ) – et de changer le nom du Fonds vert dans l’unique souci de marquer le changement par rapport au précédent gouvernement. La réalité est par contre tout autre.

Ces changements doivent en effet être interprétés dans le contexte de l’imposant chantier actuellement en cours pour élaborer le futur Plan d’électrification et de changements climatiques (PECC), dont le dévoilement est prévu au début de l’année prochaine.

À la mi-juin, nous avons en effet mis sur pied cinq groupes de travail réunissant plus de 75 organismes et individus experts en matière d’électrification, d’aménagement du territoire, de transports ou de bioénergies, pour ne nommer que quelques-uns des domaines dans lesquels ils sont actifs.

Un groupe formé uniquement de jeunes a également été constitué afin de nous offrir la perspective de la génération qui aura à vivre avec les conséquences de nos actions en matière de lutte contre les changements climatiques. Le fruit de ces réflexions doit nous être livré à la fin de l’automne.

D’ici là, nous effectuerons également une vaste tournée régionale visant à identifier les champions de l’électrification et les projets de réduction des émissions de GES prioritaires dans chaque région. L’exercice d’élaboration du plan sera complété par une consultation du public au cours de laquelle tous pourront faire part de leur vision et formuler leurs commentaires en vue de l’élaboration du PECC.

Bref, les Québécois peuvent être rassurés : la suite donnée à la vision de l’électrification de notre économie présentée par le premier ministre François Legault à la fin mai ne se limite pas à un changement de structures.

Mais, pour revenir à ces structures, un certain nombre d’éléments doivent être précisés.

Tout d’abord, le gouvernement ne met pas fin aux programmes de Transition énergétique Québec. Ceux-ci, visant par exemple l’électrification des véhicules ou l’amélioration de l’efficacité énergétique de nos entreprises, continueront comme avant, mais au sein du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles.

Il serait d’ailleurs étonnant qu’il n’en soit pas ainsi considérant que notre gouvernement a renfloué ces mêmes programmes à hauteur de plusieurs centaines de millions lors du dernier budget. Les mêmes employés qui assuraient le succès de ces programmes continueront à le faire, mais en tant qu’employés du ministère.

Fonds vert

Quant au fameux Fonds vert, il sera renommé « Fonds d’électrification et de changements climatiques » non pas à des fins de marketing, mais bien par souci de cohérence afin de refléter le fait qu’il sera le principal outil de financement du Plan d’électrification et de changements climatiques.

Ainsi, à tous ceux qui se demandent quelles mesures financera le Fonds vert à l’issue de ce changement de structure, la réponse est simple : il financera les mesures du Plan d’électrification et de changements climatiques. Et c’est précisément dans le but d’identifier ces mesures que nous avons mis sur pied le chantier de consultation décrit plus haut.

La gouvernance annoncée la semaine dernière a quant à elle pour but de permettre de déployer de la façon la plus rapide et efficace possible les mesures qui auront été identifiées tout en assurant une imputabilité ministérielle claire.

Participation des scientifiques

Enfin, tous ceux qui exigent que nous écoutions la science pour développer nos politiques en matière de changements climatiques et de transition énergétique seront heureux d’apprendre que nous comptons mettre sur pied un comité-conseil permanent en changements climatiques composé de scientifiques et d’experts issus de la société civile, dont les analyses et les recommandations seront publiques.

Ce faisant, nous souhaitons rehausser la participation des scientifiques à la prise de décision en changements climatiques par rapport à ce qui était observé dans les conseils d’administration de TEQ et du Conseil de gestion du Fonds vert.

Nous comprenons les Québécois d’être impatients de connaître notre plan d’action pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et adapter notre territoire face aux changements climatiques tout en continuant de développer notre économie.

Toutefois, malgré l’urgence d’agir, la précipitation ne saurait être la voie à suivre.

Ces enjeux sont trop importants pour manquer notre coup. C’est pourquoi nous devons mettre l’ensemble de nos forces vives et de nos connaissances à profit pour y arriver.

Tous les gestes annoncés dans les dernières semaines visent cet objectif et nous espérons que l’ensemble de la population du Québec se joindra à nous dans cet effort.