Demain et samedi, les chefs d’État du G20 se réuniront à Osaka, au Japon, pour adopter un plan de mesures communes afin d’améliorer la croissance économique mondiale.

John Parisella et Winston Chan
Respectivement conseiller spécial chez National, ancien délégué général du Québec (New York, Washington), professeur invité au CERIUM ; et membre d’un groupe de travail B20-G20

Cette année, l’ordre du jour imposé par la présidence japonaise du G20 met en avant l’apport de la technologie dans le développement durable. Nous savons que le Business 20 (B20), regroupant les chefs d’entreprise du G20, recommande déjà l’adoption des technologies numériques telles que l’intelligence artificielle, le 5G, les technologies liées à l’agriculture – connues sous le nom d’ « agritech » – et le développement des villes connectées et des énergies renouvelables.

PHOTO SHIZUO KAMBAYASHI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Les dirigeants du G20 se réunissent à Osaka, au Japon.

Il est certain que ces outils pourraient aider les gouvernements, les entreprises et la société civile à relever les défis sociaux, économiques et environnementaux. Cette rencontre du G20 permettrait aussi d’atteindre les objectifs du développement durable – appelés La société 5.0 pour les objectifs de développement durable – fixés par les Nations unies en vue de 2030.

Bien que ce programme semble ambitieux, la question des technologies numériques risque de se heurter à un enjeu. Lors de la récente réunion des ministres des Finances du G20, ces derniers ont consenti à une taxation accrue des entreprises numériques, dont les géants du web Google, Apple, Facebook et Amazon. Les États-Unis se sont toutefois montrés plus réticents à joindre cet accord par crainte de discrimination envers leur propre secteur technologique. 

L’autre sujet important à la table des pourparlers sera le commerce international, thème récurrent à chaque sommet du G20 depuis 2008.

L’an dernier, la présence du président américain n’a pas permis aux chefs d’État d’avoir un consensus sur la partie de la déclaration concernant la lutte contre le protectionnisme.

Les États-Unis, la Chine, l’Iran

Cette année, les projecteurs seront braqués sur les tensions géopolitiques sino-américaines. Les économistes prédisent qu’une guerre commerciale aura une incidence non seulement sur la croissance économique des deux pays, mais aussi sur celle de l’économie mondiale. De fait, tous les regards seront tournés vers la rencontre bilatérale entre la Chine et les États-Unis. 

Il faut se rappeler que ces deux pays ont conclu une trêve lors du dernier sommet du G20 en Argentine, mais nous savons que la situation s’est largement complexifiée depuis. Il est donc fort probable que les pourparlers entre ses deux grandes puissances puissent influencer davantage le climat de ce G20.

Cela étant, les participants sont bien conscients que les différents sujets à discuter se heurteront à un facteur hors de leur contrôle : le tempérament imprévisible et coloré du président Donald Trump.

Sera-t-il vraiment interpellé par les véritables enjeux du Sommet ou sera-t-il préoccupé par des questions intérieures comme la sécurité de la frontière avec le Mexique et les enquêtes menées par ses adversaires au Congrès ?

Quel sera l’impact immédiat de l’imposition de nouvelles sanctions sur le conflit avec l’Iran ? Le différend grandissant avec le régime iranien risque à lui seul de mettre en péril l’ordre du jour du G20, car d’autres pays signataires de l’accord avec l’Iran pourront avoir leur mot à dire.

Il ne faut pas oublier que le président Trump multiplie les interventions qui mettent en doute l’engagement de son pays envers le multilatéralisme et le libre-échange, et ce, depuis sa campagne de 2016.

Nous venons de vivre au Canada un chapitre assez bouleversant lors de la renégociation de l’ALENA (maintenant appelé l’ACEUM) avec la décision de Donald Trump d’imposer des tarifs sur l’aluminium et l’acier à ses partenaires. 

Quelques heures à peine après sa sortie du G7 à Charlevoix l’an dernier, M. Trump a fait une attaque en règle contre le premier ministre Trudeau. Tout récemment, il a menacé d’imposer des tarifs contre le Mexique à la veille de la ratification de l’ACEUM par ce dernier.

Il faut s’attendre à un Donald Trump peu reposant et qui pourrait se concentrer sur des questions loin de ce sommet.

Il sera important que les participants ne perdent pas de vue l’importance des sujets à l’ordre du jour, car les enjeux pour l’avenir de la planète dépassent de loin les considérations entourant le tweet matinal du président des États-Unis.