C’est maintenant chose faite : le Parlement a finalement voté la Loi sur la laïcité de l’État.

Marcel Perron Marcel Perron
Neuville

Même si cette loi n’a pas fait consensus auprès des députés de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins qu’une majorité de la population québécoise appuie ses grands principes. À ce titre, les principaux leaders religieux ne devraient-ils pas prendre acte de cette nouvelle réalité et procéder à un effort d’apaisement auprès de leurs fidèles ?

Rappelons que cette loi du gouvernement Legault précise que la laïcité ne vient pas interférer dans les lieux de culte ni dans les espaces publics et privés. Elle contraint cependant certains employés de l’État à une neutralité religieuse dans leur milieu de travail. 

Reconnaissant ces faits, les autorités catholiques, juives, musulmanes et autres ne devraient-elles pas dédouaner leurs fidèles de l’obligation qu’ils se font de porter des signes de leur appartenance religieuse en tout temps ? Cela aurait pour conséquence de dégager leur conscience en légitimant l’abandon du port de signes religieux au travail.

Pour les chefs religieux, ce serait là un geste fort de reconnaissance de leur acceptation de la séparation nécessaire entre le religieux et l’État. 

Cette ouverture d’apaisement contribuerait à l’évolution de la société québécoise vers une laïcité inclusive permettant un libre exercice des manifestations religieuses partout et en tout temps, sauf dans les sphères de travail d’une partie des employés du secteur public.

J’invite donc les autorités religieuses à donner suite à cette proposition qui serait sûrement un facteur pour désamorcer des affrontements inutiles à venir. Comme pourrait l’affirmer un sage : « Si tu veux la paix, prépare la paix. » Souhaitons que ces paroles guident leurs pas.