Le Québec de demain passe par une transition écologique de notre économie, notamment par une transition énergétique propre et renouvelable. Le projet global de l’entreprise américaine GNL, promoteur agressif du projet d’usine, est incompatible avec cette réalité incontournable.

Jean Paradis Jean Paradis
Fondateur de Négawatts

On ne peut pas croire que le Saguenay–Lac-Saint-Jean se fera l’entremetteur d’un projet d’une autre époque, nous sommes rendus ailleurs…

Comment peut-on permettre à une entreprise américaine d’utiliser du gaz fossile sale, produit en grande partie par fracturation, un procédé d’extraction extrêmement polluant ? 

Lui permettre de le faire voyager à partir de l’Alberta dans un gazoduc sur plusieurs centaines de kilomètres, de le transformer en gaz liquide qui demeure un gaz fossile sale et de l’entreposer dans de grands réservoirs réfrigérés à -162 oC ? Lui permettre de le transporter dans d’immenses méthaniers réfrigérés à -162 oC traversant le magnifique fjord de la rivière Saguenay en perturbant la pouponnière du béluga et de l’exporter à l’extérieur du Québec pour produire des gaz à effet de serre par sa consommation ailleurs dans le monde ?

Rien de tout ça ne rejoint nos objectifs de transition écologique et énergétique dans le contexte actuel de réelle urgence climatique.

On ne peut pas rester muets face à cette injustifiable opération de mise en marché et de propagande à laquelle se livre cette entreprise américaine, chez nous. Déjà, depuis plusieurs années, mais encore plus intensément cette année, c’est par centaines de milliers de dollars américains que l’entreprise tente d’influencer l’opinion publique.

Quel aveu !

L’entreprise américaine GNL affirme qu’elle n’utilisera pas son gaz naturel fossile sale pour son usine, car il est trop polluant par rapport à l’hydroélectricité. Quel aveu ! Son produit est banni pour sa propre consommation. Voilà une stratégie pour créer un écran de fumée et duper l’opinion publique.

Aussi, GNL dit que son usine sera carboneutre ! Il faut d’abord se questionner sur la justification de ce projet… car on ne peut pas tout faire au nom de la carboneutralité. Est-ce que des cigarettes de tabac bioéquitables, carboneutres, roulées dans du papier recyclé, équipées de filtres biodégradables et vendues en vrac seraient moins nocives pour la santé ?

L’usine de l’entreprise américaine reste injustifiable, car tout le processus contribuerait à perpétuer notre dépendance aux hydrocarbures dans des processus de production de plus en plus polluants.

Aujourd’hui, nous avons la responsabilité d’offrir à notre jeunesse les emplois de l’avenir qui nous sortent de notre enlisement dans les énergies fossiles de plus en plus sales.

L’avenir de la région doit s’orienter vers l’économie verte. D’autant plus que le secteur des énergies vertes au Canada se développe plus rapidement que l’ensemble de l’économie et rivalise avec les industries les plus reconnues en matière d’emploi, selon un nouveau rapport du groupe de réflexion Clean Energy Canada.

Il est plus que temps de lever nos boucliers face à cette opération pour nous embrigader dans une avenue que nous ne voulons pas !

C’est d’ailleurs réconfortant et stimulant de voir que la Coalition Fjord, qui milite pour la protection du fjord du Saguenay, est animée par un groupe de jeunes engagés et énergiques !

C’est révélateur de leur niveau d’inquiétude, un exemple de plus de leur conviction à prendre leur avenir en main et un symbole des priorités qui motivent cette génération dans l’espoir d’un monde meilleur.