Cette lettre s’adresse à Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux, et Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Publié le 1er mai 2019
Jasmin Roy
Jasmin Roy Président de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais

Les trois grands axes de la mission de l’école québécoise sont instruire, socialiser et qualifier.

L’enfant pauvre de l’école publique reste encore aujourd’hui l’axe socialiser. Ensuite, on se surprend de constater une croissance inquiétante des problèmes de santé mentale chez nos jeunes ! La Fondation a décrié à plusieurs reprises le manque d’investissements majeurs dans cet axe essentiel.

Avant de parler de santé mentale, nous devons avant tout vous poser une question simple : qu’est-ce qui rend l’être humain heureux, qui lui permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé ?

Selon Robert Waldinger, psychiatre de l’Université Harvard et quatrième directeur d’une étude longitudinale portant sur la santé et le bonheur chez l’être humain qui a duré 75 ans, c’est la qualité des relations sociales qui nous rendrait heureux et qui contribue à nous garder en bonne santé physique et mentale.

Être proche de sa famille, de ses amis et de sa communauté serait bon pour nous ; ces connexions sociales contribueraient à une vie plus longue et plus saine.

Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec de revoir rapidement son approche en matière de santé mentale dans les milieux éducatifs en abordant les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles à l’école. Nous recommandons aussi d’investir massivement sur des mesures éducatives permettant aux enfants et aux adolescents de développer des compétences émotionnelles (alphabétisation des émotions et des besoins, gestions émotionnelles, etc.) dès la petite enfance.

Il a été démontré que les individus qui ont des problèmes émotionnels et relationnels ne sont pas motivés à s’engager dans les saines habitudes de vie telles que préconisées dans notre société (activités physiques, saine alimentation).

Les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles sont plus importantes que les autres, puisqu’elles motiveront et guideront nos choix à travers l’ensemble des saines habitudes de vie.

Ainsi, nous devons mettre en place des stratégies éducatives afin de développer d’autres compétences que celles mises de l’avant dans le passé pour favoriser une meilleure santé mentale de nos jeunes.

Il faut donc intégrer rapidement les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles dans le spectre des saines habitudes de vie.

L’analyse 2015 de données longitudinales menée par l’OCDE dans neuf pays, dont le Canada, confirme que les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles permettent d’aider les individus à améliorer leur santé mentale, leurs résultats scolaires, professionnels et sociaux.

Soulignons qu’une récente étude du Center for Benefit-Cost Studies of Education de l’Université de Columbia a évalué les bénéfices économiques à long terme des saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles. La recherche a démontré que chaque dollar investi dans les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles rapporte un retour d’investissement de 11 $ à la société. Les résultats de cette étude suggèrent donc d’investir dans le développement des compétences sociales et émotionnelles dans l’ensemble des sphères d’activités de notre société moderne.

De plus en plus de recherches révèlent que les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles à l’école jouent un rôle essentiel pour prévenir les problèmes de santé mentale. Si nous voulons améliorer la santé mentale de nos jeunes, nous devons intégrer les apprentissages sociaux et émotionnels dans le curriculum de chaque école.

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