Le sommet du G8 a lieu à Lough Erne en Irlande du Nord, aujourd'hui et demain, sous la présidence de David Cameron, premier ministre du Royaume-Uni. La rencontre réunit les dirigeants des grands pays d'Europe (Allemagne, Angleterre, France, Italie et la présidence de l'Union européenne), des États-Unis, de la Russie, du Japon et du Canada.

Même si la conjoncture l'exige, il y a peu d'espoir que le G8 renoue avec sa fonction première de coordination des politiques économiques nationales. La croissance pour 2013 pour l'ensemble des pays du G8 est inférieure à 1%, elle est négative (-0,5%) pour la zone euro. Au cours des trois dernières années, les gouvernements ont épuisé leur marge de manoeuvre fiscale et budgétaire. Il n'y aura donc pas d'annonce d'un grand plan de relance.

Faute de moyens, les dirigeants, réunis en Irlande, adresseront à leurs électeurs un message d'optimisme: les moyens mobilisés fonctionnent, les marchés sont stabilisés, les réformes indispensables ont été adoptées et la reprise est imminente (2014).

Mais la rue montre des signes d'impatience préoccupants. Après l'urgence financière, c'est à la gestion politique de la crise qu'il faut se consacrer. Avec 12% de chômage dans la zone euro (27% en Grèce), la crise sociale menace. Les gouvernements, dont les cotes de popularité ne cessent de baisser, se savent vulnérables. Il est temps de faire amende honorable, d'offrir de l'espoir et quelques mesures d'apaisement.

Pour canaliser la grogne, il faut un coupable. Il y a une semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a ouvert la saison du repentir. Dans un rapport portant sur le plan de sauvetage financier de la Grèce de 2010, l'organisme, qui ne recule pas sur les moyens mobilisés, avoue avoir sous-estimé les conséquences des mesures d'austérité sur la croissance. Ce mea culpa, qui met le blâme sur des divergences au sein de la troïka des créanciers (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne) vient à point. Cette publication fait suite aux mesures d'apaisement annoncées début mai.

Les autorités monétaires européennes ont autorisé la France, l'Espagne, la Pologne et le Portugal à prolonger la période de tolérance (2016) pour atteindre la cible de 3% du déficit. Il faut du temps pour éviter l'explosion sociale qui gronde et les défaites électorales qui s'en suivent.

Quand le peuple souffre, il faut sanctionner les profiteurs. L'agenda des priorités du G8 sera consacré à l'évasion fiscale des multinationales en particulier et à la transparence. Projet ambitieux qui consiste à dévoiler les «véritables» propriétaires des entreprises et les clauses des contrats d'exploitation des ressources naturelles.

Un troisième thème porte sur le commerce mondial. Les négociations d'ententes de libre-échange, en particulier celles en cours impliquant le Canada et l'Europe, et celles annoncées entre États-Unis et l'Europe, sont des étapes importantes dans la poursuite du processus de libéralisation commerciale. Après le déclin du commerce des dernières années, le succès de ces négociations serait une annonce bienvenue de retour à la normale.

Les pays du G8 fournissent l'essentiel de l'aide au développement. C'est dans l'aide à l'Afrique, particulièrement dans le domaine de la santé, que les réalisations des sommets antérieurs sont les plus tangibles. Un appel sera lancé pour la poursuite des efforts.

Enfin, les crises politiques ont le don de s'inviter aux sommets. Ainsi, il sera question de la Syrie, de l'Iran, de la Corée du Nord, des soucis du Japon en mer de Chine et de l'espionnage électronique. Tout cela dans les termes diplomatiques convenus avec photos de circonstances à l'appui.