Les chefs du baby-boom

Les chefs des quatre principaux partis politiques qui... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Les chefs des quatre principaux partis politiques qui briguent les élections cette années sont âgés de 56 à 66 ans.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Jean-Pascal Beaupré

L'auteur a été directeur des pages éditoriales de La Presse de 2009 à 2013. Il collabore régulièrement à la section Débats.

Pure coïncidence ou signe des temps? Un trait commun des chefs réunis sur le plateau au premier débat sautait aux yeux: les quatre sont des baby-boomers.

La première ministre sortante, Pauline Marois, aura 65 ans dans quelques jours, le 29 mars. Philippe Couillard soufflera ses 57 bougies en juin. Il en sera de même pour François Legault un mois plus tôt. À 66 ans, Françoise David est la plus âgée du quatuor.

Le phénomène du vieillissement accéléré de la population québécoise fait régulièrement la manchette. Or, les dirigeants de nos formations politiques suivent la même tangente.

Il y a à peine 6 ans, aux élections de 2008, les chefs de partis qui avaient croisé le fer étaient passablement plus jeunes: Jean Charest avait 50 ans, Pauline Marois avait alors 59 ans et Mario Dumont... à peine 36 ans!

Et l'année précédente, au scrutin de 2007, la présence d'André Boisclair dans la troïka des chefs des principaux partis politiques avait faire fondre la moyenne d'âge à 42 ans!

Bien sûr, ce ne sont pas toutes des jeunesses qui ont dirigé les destinées du Québec. Jacques Parizeau avait 65 ans bien sonnés lorsqu'il a déclenché le second référendum en 1995. Mais ses opposants sur les banquettes de l'opposition, Daniel Johnson (50 ans) et Mario Dumont (25 ans) faisaient partie de deux autres générations. 

Au fédéral, le premier ministre Stephen Harper, qui aura 55 ans le 30 avril, est aussi un baby-boomer. Tout comme le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, qui aura 60 ans à l'automne. Le nouveau leader du Parti libéral, Justin Trudeau, fait figure d'exception à 42 ans.

En quoi l'âge d'un chef fait-il une différence, pourrait-on se demander? En quoi un âge plus avancé rendrait-il un leader plus apte, ou moins apte à gouverner? D'aucuns pourraient prétendre que la somme plus grande des expériences est un atout non négligeable. Que la sagesse des gens d'un âge vénérable - on n'a qu'à songer à Nelson Mandela - est également un avantage non négligeable. L'âge d'or n'est pas incompatible avec la capacité de gouverner, loin de là.

Mais à cela, d'autres pourraient répliquer que plus on vieillit, moins on supporte le stress immense inhérent à la prise de décisions qui ont des conséquences sur des millions de vies. Que l'audace parfois nécessaire à des virages impopulaires n'est pas l'apanage des chefs de gouvernement plus âgés. Or, notre prochain premier ministre sera confronté à des choix douloureux sur le plan économique dans un avenir très rapproché.

Cependant, il faut prendre garde de ne pas généraliser. Les Churchill de ce monde ne manquent pas de courage et de résilience même après avoir dépassé le cap de la soixantaine.

Les impacts potentiels du vieillissement sur notre économie - pénurie de main-d'oeuvre et explosion des dépenses en santé - sont préoccupants. Et les chefs actuels, qui sont membres à part entière de la génération du baby-boom, en sont fort conscients.

Par contre, ayant tous baigné dans la culture de générosité de l'État-providence, nos leaders politiques qui aspirent à diriger le Québec durant le prochain mandat ont-ils la trempe pour éviter que les finances publiques précaires de la province ne frappent le mur si souvent évoqué? Nous devrions être fixés dans peu de temps.




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