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Que devient le Canada?

Côté politique, je ne me lève pas le matin en me disant: «Quelle belle journée... (Photo Bernard Brault, Archives La Presse)

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Photo Bernard Brault, Archives La Presse

Côté politique, je ne me lève pas le matin en me disant: «Quelle belle journée ce sera aujourd'hui avec le Québec faisant partie de ce beau pays qu'est le Canada», ou encore «Quelle journée plate ce sera aujourd'hui avec le Québec faisant encore partie de ce pays arriéré qu'est le Canada».

N'en déplaise à ceux qui ont des opinions tranchées à ce sujet, je n'en ai jamais fait et n'en fais toujours pas une question existentielle. Je vis très bien dans un Québec faisant partie du Canada comme je pourrais très bien vivre dans un Québec indépendant si jamais c'était l'option choisie par les Québécois.

En fait, je peux décrire ma position actuelle en disant que «mieux vaut un diable que je connais qu'un diable que je ne connais pas». Autrement dit, je sais à quoi m'attendre avec le Québec faisant partie du Canada, mais il reste beaucoup d'inconnu avec un Québec séparé. Et, admettons-le, le Canada est un beau pays. Il suffit de voyager un tant soit peu à travers le monde pour réaliser à quel point le Canada est admiré en tant que nation. Et c'est un diable que je connais. Donc, avant de songer à le quitter, il me faudrait des preuves pas mal plus substantielles que nous finirions gagnants dans une telle aventure.

Une transformation radicale

Cependant, à voir les nombreux virages à 180 degrés s'accumuler de plus en plus à Ottawa depuis que les conservateurs ont pris le pouvoir, avec Stephen Harper comme premier ministre, je me pose des questions. Je n'aime pas la transformation radicale qu'il est en train de mettre en place. Je ne reconnais tout simplement plus le Canada dans lequel j'ai grandi, le Canada des Casques bleus, le Canada antiguerre, le Canada arbitre des conflits entre nations, le Canada des mesures sociales.

Il ne se passe guère un mois sans qu'un nouveau pan de notre façon d'être ne tombe pour être aussitôt remplacé par un nouveau, contraire aux désirs des Québécois. Et des exemples, il y en a maintenant à la tonne: l'abolition du registre des armes à feu, une politique étrangère trop à droite, trop israélienne, des décisions mesquines sur tout et sur rien, notamment sur les médias, des attaques sur nos institutions démocratiques, notamment sur la Cour suprême, etc.

Pour bien des Québécois, l'appartenance au Canada tient à la définition même de ce que ce pays représente pour eux. Si jamais un jour l'idée leur venait de favoriser l'indépendance du Québec, ça n'aurait probablement rien à voir avec les actions du Parti québécois, et encore moins avec celles du Bloc québécois, mais tout à voir avec les changements fondamentaux que les conservateurs imposent au «plus meilleur pays du monde». Ça aurait tout à voir avec ce que le Canada est en train de devenir, c'est-à-dire un pays dans lequel ils ne se reconnaissent plus.

Si le gouvernement conservateur de Stephen Harper est réélu majoritairement en 2015 et qu'il continue son virage à droite, peut-être que plus de Québécois seront alors tentés d'aller voir le diable qu'ils ne connaissent pas. Ce serait dommage.




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