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Le phénomène du selfie

La désormais célèbre selfie. Première rangée (de gauche... (Photo AP)

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La désormais célèbre selfie. Première rangée (de gauche à droite) : Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Ellen DeGeneres, Bradley Cooper et Peter Nyong'o Jr. Seconde rangée (de gauche à droite) : Channing Tatum, Julia Roberts, Kevin Spacey, Brad Pitt, Lupita Nyong'o et Angelina Jolie.

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Elsy Fneiche

L'auteure est psychoéducatrice dans des écoles de Montréal. Elle collabore régulièrement aux pages Débats.

L'usage d'internet a révolutionné le monde moderne entrainant par le fait même de nombreux changements à nos habitudes de vie. Nous assistons aujourd'hui à de nouvelles tendances, problématiques et mouvements virtuels auxquels la société actuelle doit s'ajuster.

Par exemple, les milieux scolaires ont dû faire face au problème émergent que représente la cyberintimidation et adapter les procédures d'intervention en conséquence. Ainsi, la cyberintimidation occupe dorénavant une place intégrante dans la conception des plans de lutte contre l'intimidation et la violence requis par le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec.

Parmi les dernières tendances web, celle du selfie arrive en tête de liste. Le selfie, ou « l'égoportrait » est cette variation du portrait de soi pris à l'aide d'une webcam ou d'un téléphone cellulaire. Bien que cette pratique existe depuis longtemps, sa diffusion a pris des proportions inégalées grâce à la tribune sans frontières qu'offre internet. Elle aprit une telle ampleur au point où « selfie » fut élu mot de l'année 2013 par les Dictionnaires d'Oxford. Néamoins, cette mode bien populaire chez de nombreuses personnalités connues telles que Rihanna, Ellen DeGeneres ou même Barack Obama, ne semble pas sans conséquence sur nos adolescents.

Mode ou dépendance?

Les réseaux sociaux étant un bon moyen pour se créer une « identité idéale », le selfie pourrait avoir une certaine répercussion sur l'estime de soi. Selon la psychiatre thaïlandaise Dr Panpimol Wipulakorn, les personnes partagent des selfies dans l'objectif de recevoir suffisamment de « j'aime ». Toutefois, lorsqu'elles n'ont pas de bons retours, cela pourrait affecter leurs pensées et ainsi leur faire perdre confiance en elles, voir ressentir du mécontentement vis-à-vis d'eux-mêmes.

Le selfie pourrait également crée une dépendance au même titre que la drogue, l'alcool et les jeux. Ceci fut le cas de Danny Bowman, un jeune anglais de 19 ans. Le Daily Mail rapporte qu'en moyenne, l'adolescent avouait consacrer dix heures par jour afin de saisir la meilleure photo possible, et s'y reprenait souvent à plus de 200 prises. Cette obsession, qui aura fini par le détruire, le mena à commettre une tentative de suicide. Bien que le cas de Danny Bowman soit un cas extrême, il ne serait pas pour autant un cas isolé, selon le psychiatre Dr David Veal. La dépendance au selfie est d'ailleurs désormais reconnue comme une maladie mentale.

Ce besoin de partage excessif semble devenir une course folle à la popularité motivée par une nécessité d'amasser un nombre incalculable de « j'aime », et ce, parfois au détriment de la raison. Nous assistons ainsi à des situations où des personnes s'exposent à de grands risques seulement pour décrocher une photo aguichante. Récemment au Liban, un selfie aura couté la vie d'une jeune adolescente de 15 ans. La jeune fille qui se prenait en photo avec le fusil de son frère ne savait pas que l'arme était chargée, une erreur de manoeuvre de sa part la mena alors à la mort.

Jusqu'où les jeunes sont-ils prêts à se rendre afin de décrocher la photo qui cumulera le plus de « j'aime » ? Sont-ils conscients qu'un « j'aime » virtuel n'est en réalité qu'un simple clic possiblement vide de sens ou de valeur réelle et qu'il demeure essentiel de bâtir une image de soi basée sur la réalité ? Bien que pour nombreuses personnes, le tout soit principalement dans un objectif de divertissement, la fréquence et la quantité de photos partagées sont peut-être des indicateurs de bien-être à ne pas négliger. Chose certaine, si cette nouvelle tendance se maintient, il faudra surveiller qu'elle ne devienne pas le mal d'une génération à la dérive.




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