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Quand Philippe Falardeau a dit non à Netflix...

Il y a deux ans, Philippe Falardeau a... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Il y a deux ans, Philippe Falardeau a dit non à Netflix. Si la même offre tombait aujourd'hui, sa réponse ne serait sans doute pas la même.

Photo André Pichette, archives La Presse

Il y a deux ans, Philippe Falardeau a dit non à Netflix. Si la même offre tombait aujourd'hui, sa réponse ne serait probablement pas la même. «En rétrospective, je pense qu'une présence sur Netflix aurait sans doute été plus profitable pour Chuck. Évidemment, c'est facile de parler a posteriori!» a-t-il confié à La Presse.

Pour acquérir les droits d'exploitation exclusifs de son film Chuck, le diffuseur en ligne offrait pourtant une somme deux fois plus importante que celle qu'était prêt à débourser le distributeur américain IFC Films, qui lui garantissait une sortie en salle bien soignée. Le cinéaste, la vedette (Liev Schreiber) et les producteurs ont choisi le modèle traditionnel de la sortie en salle, décision qui, reconnaît aujourd'hui Philippe Falardeau, n'a pas joué en faveur du film.

Chuck est resté à l'affiche pendant cinq semaines et sa plus large distribution était constituée d'un circuit de 120 écrans aux États-Unis et au Canada. Les recettes totales se sont élevées à 320 725 $ *, un chiffre extrêmement faible quand on tient compte de l'ensemble du territoire américain.

«Je me rends compte qu'il est facile de prendre une position de principe en amont, mais les conditions de marché évoluent tellement vite qu'ultimement, il faut être réceptif à tous les moyens qui permettent à un film d'être vu», indique le cinéaste.

Deux approches distinctes

Le réalisateur de Monsieur Lazhar voit quand même deux cas de figure bien distincts dans l'approche de Netflix. Il y a les films dont le diffuseur en ligne achète les droits une fois la production terminée (ç'a été le cas pour la distribution internationale du film de Robin Aubert Les affamés), et ceux dans lesquels Netflix joue un rôle dès l'étape de la préproduction, par exemple Roma, le film d'Alfonso Cuarón.

«S'ils sont impliqués dans le processus de financement dès le départ et que le contrat est clair à cet égard, ça change évidemment la donne, commente Philippe Falardeau. Pour Chuck, ma réaction a été plus viscérale parce que le film était déjà terminé.» 

«Quand Netflix est arrivé avec son offre, il était même déjà vendu dans plusieurs territoires. Rendu là, il aurait fallu se désengager des contrats existants et céder les droits mondiaux à Netflix, sans possibilité d'exploitation en salle.»

Il comprend d'autant plus la décision d'Alfonso Cuarón d'accepter l'offre de Netflix qu'il a lui-même dû faire une concession sur le plan artistique pour son prochain film. Le tournage de son adaptation de My Salinger Year, le roman autobiographique de Joanna Rakoff, commencera le printemps prochain.

«J'ai d'abord voulu le tourner en noir et blanc, mais les distributeurs l'ont acheté à la condition qu'il soit en couleur. On m'a fait comprendre qu'un film en noir et blanc devenait beaucoup plus difficile à vendre aux chaînes de télévision par la suite.»

Souplesse de part et d'autre

Avec l'arrivée de films réalisés par de grands cinéastes dans le catalogue de Netflix, il serait souhaitable, croit le cinéaste, que le diffuseur en ligne et les exploitants fassent preuve de plus de souplesse. Le modèle d'affaires de Netflix repose sur l'exclusivité d'une oeuvre sur sa plateforme et la sortie en salle, s'il y en a une, doit être simultanée. De leur côté, les exploitants exigent une fenêtre exclusive de 90 jours en salle avant qu'un film n'aboutisse sur une plateforme.

«Il est certain qu'on veut voir un film comme Roma sur grand écran, commente Philippe Falardeau. Je comprends bien la position des exploitants, mais je crois que cette oeuvre-là constitue quand même un cas particulier. Ceux qui ont l'habitude de regarder des films sur les plateformes vont continuer de le faire, mais les cinéphiles, eux, vont souhaiter voir un film comme celui-là en salle, même s'il est offert en même temps sur Netflix. Ce genre de production n'est habituellement pas appelée à générer de grosses recettes au box-office et elle ne sortirait sans doute pas dans un circuit de 3000 salles en Amérique du Nord de toute façon. Dans un monde où il devient de plus en plus difficile de financer des films d'auteur, je comprends tout à fait la position de Cuarón.»

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* Source: Box Office Mojo




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