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Uvanga: une histoire familiale sous le soleil de minuit

La comédienne Marianne Farley (à gauche) incarne une... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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La comédienne Marianne Farley (à gauche) incarne une enseignante, mère d'un adolescent inuit, dans le nouveau film de Marie-Hélène Cousineau (à droite).

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

C'est une histoire d'identité, un thème cher au cinéma. C'est une histoire simple, presque banale, dans laquelle une famille tout ce qu'il y a de plus normale doit résoudre quelques vieux litiges. Mais c'est une belle histoire entre Inuits et Blancs sous le soleil de minuit.

Uvanga (Moi-même) a cette particularité d'être un long métrage de fiction jamais très loin de la forme documentaire et dont les comédiens, non professionnels pour la plupart, restent collés à leur propre réalité. De sorte qu'on en ressort avec le sentiment que le film de Marie-Hélène Cousineau et Madeline Piujuq Ivalu a contourné haut la main les clichés.

D'ailleurs, lorsqu'on demande à Marie-Hélène Cousineau quelle est l'essence de son film, elle nous répond avec la même simplicité, ou plutôt l'absence de complexité, qui teinte son oeuvre.

«Uvanga raconte quelques journées dans une famille assez représentative des familles du Nord, dit-elle. Ce n'est pas une famille atypique. En fait, c'est une rencontre entre des personnes qui ne se connaissent pas, mais qui font partie de la même famille. Il faut que ces personnes apprennent à s'accepter. Elles sont unies par des liens familiaux qu'elles ne peuvent éviter.»

Tourné à Igloolik, Uvanga nous met en présence d'Anna (Marianne Farley), une enseignante blanche dont la famille se résume à Tomas (Lukasi Forrest), son fils de 14 ans qu'elle a eu avec un Inuit mort dans des circonstances mystérieuses. En raison d'un secret qu'elle devra révéler, Anna retourne au nord afin que Tomas fasse connaissance avec sa famille paternelle. Guidé par son demi-frère Travis (Travis Kunnuk), il découvrira peu à peu une autre partie de lui-même.

«J'avais envie de montrer des situations entre Blancs et Inuits, dit la réalisatrice qui a vécu une dizaine d'années dans le Nord et y a tourné une autre fiction (Before Tomorrow). Il y a beaucoup d'Inuits métissés et c'est quelque chose dont on ne parle pas. Les gens se posent des questions d'identité. Ils se disent: «Je suis qui? " «D'où je viens? " «J'appartiens à quelle culture? "»

En entrevue, Marianne Farley (Nos étés, Les rescapés, La peau blanche) défend le même thème. «Uvanga est un film à propos de l'identité de Tomas, dit-elle. Ce garçon est engagé dans une quête pour découvrir ses origines. Durant les 14 premières années de sa vie, il est un petit garçon montréalais et là, il est propulsé dans un environnement totalement différent pour découvrir qu'il n'était pas ce qu'il pensait être.»

Environnement

Parlons-en, d'environnement! Celui-ci a influencé absolument tous les aspects du tournage.

Marie-Hélène Cousineau explique que le soleil de minuit et le dépouillement du décor ont eu une influence incontournable sur le scénario.

«Comme dans le premier film, tout est tourné en lumière naturelle, dit-elle. Nous avons aussi voulu travailler avec la lumière sur 24 heures. Dans le film, il n'y a aucun moment de nuit, car c'est comme ça durant l'été. Et dans un tel environnement, tout est minimaliste, ce qui a une influence sur la mise en scène. Tu ne peux pas cacher tes acteurs. Ils sont comme sur une scène nue. Le décor dans le Nord est minimal. Une tente ici, une maison là, un vélo qui passe, mais c'est tout. C'est comme ça pour la voix, le son, l'image. C'est presque théâtral.»

Avant le tournage, Mme Cousineau a averti Marianne Farley qu'elle ferait face à un environnement très différent. La comédienne en est néanmoins revenue enchantée.

«J'aime l'aventure et être déstabilisée. Alors, je n'ai pas eu de problème! Tu t'adaptes, tu ne manges pas les mêmes affaires, tu ne te couches pas aux mêmes heures. Ce ne sont pas les mêmes conditions, mais il y a quelque chose de paisible là-bas. Je suis plus zen que je le pensais, analyse-t-elle en riant. Là-bas, tu peux te permettre de juste être.»

Juste être, c'est aussi ce qui a dominé son jeu durant les six semaines de tournage, ajoute la comédienne.

«De travailler avec des non-acteurs m'a forcée à être très épurée au niveau du jeu et de laisser les images parler. Il fallait juste vivre devant la caméra. C'est rare de faire des films comme ça. C'est ce que j'aime. J'aime laisser le personnage parler dans le silence.»

Pour son prochain projet, Marie-Hélène Cousineau tournera un documentaire sur le suicide chez les Inuits. Quant à Marianne Farley, elle compte s'orienter vers la réalisation et tournera son premier court métrage à l'été.

Uvanga prend l'affiche le 2 mai.




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