Les Rendez-vous Québec Cinéma, ce sont aussi quelque 150 courts métrages de fiction inclus dans différents programmes thématiques. La comédienne Fanny Mallette y présente justement Aimé, son deuxième opus à titre de réalisatrice.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Q : Aimé raconte un moment dans la vie de trois sœurs appelées à vider l’appartement de leur père, mort récemment. Parlez-nous de la genèse de ce projet.

R : Mon premier court, Le dernier mardi, était l’adaptation d’une nouvelle de Marc Séguin. Aimé, c’est mon univers à moi. Je m’intéresse beaucoup à la transmission filiale. À ce que nos parents nous lèguent, parfois malgré eux. À ce qu’on n’aime pas chez nos parents, mais qui se retrouve en nous en lorsqu’on vieillit. Dans ce cas-ci, il est question de la fabulation. Elle était présente dans la vie d’Aimé et ses filles passent par le même chemin pour atteindre leur père à son décès. En dépit de la douleur, ce qu’elles projettent de lui les aide à avancer.

PHOTO FOURNIE PAR VOYELLES FILMS

Christine Beaulieu, Joëlle Paré-Beaulieu et Évelyne Rompré incarnent trois soeurs dans Aimé.

Q : Aimé n’est sans doute pas un prénom fortuit…

R : Exact. Aimé est un personnage complexe. Il a beaucoup aimé ses filles, mais il était trop occupé par ses rêveries pour être totalement présent. C’était aussi un homme chaleureux, sympathique et charismatique. D’où le choix de Marc Messier pour l’incarner. Il a tout de suite un capital de sympathie.

Q : Le ton du film est délicieusement irrévérencieux. Il a peu à voir avec celui de votre premier court métrage.

R : Encore une fois, c’est parce que ce sont mes personnages. Dans Le dernier mardi, j’ai senti le besoin de traiter le sujet avec une certaine pudeur. Alors qu’ici, avec ce sujet plus proche de moi, je pouvais me permettre de flyer un peu, de ne pas faire de compromis. Au bout du compte, le film qui passe à l’écran est celui que j’avais écrit et que j’ai voulu faire.

Q : Pourquoi écrire et réaliser ?

R : J’ai besoin de m’exprimer autrement que par les mots de quelqu’un d’autre, ce que j’aime encore beaucoup. Je ne me considère pas comme une cinéaste, mais comme une artiste. J’ai besoin de raconter ces histoires que j’ai en moi. Et le cinéma est le langage que je connais le mieux. J’ai grandi avec ça. C’est le véhicule que j’ai le plus envie d’utiliser.

Avec cinq autres courts, Aimé est inscrit dans le programme Précieuse famille, présenté vendredi soir à 21h à la salle Fernand-Séguin de la Cinémathèque québécoise.

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