Disney s’apprête à sortir, ce vendredi, son plus récent conte de fées, Godmothered (Marraine ou presque). Arrivée à point pour le temps des Fêtes, la comédie mettant en vedette Isla Fisher et Jillian Bell souhaite présenter aux familles une version moderne du récit de la fée marraine. Révolu, le temps où la phrase « ils vécurent heureux » rimait forcément avec une princesse qui trouve son prince…

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

L’histoire d’amour entre la princesse de Godmothered et le potentiel prince n’est que secondaire. Elle ne se développe pas concrètement, la romance flotte vaguement dans l’air, mais ce n’est pas là-dessus, mais pas du tout, que se concentre le récit. Ce conte de fées met en vedette une princesse atypique, Mackenzie (Isla Fisher), mère de deux enfants qui a perdu son mari et qui a tiré un trait sur l’idée même de la fin heureuse.

La vie n’est pas un conte de fées, Mackenzie l’a compris et elle est complètement désenchantée, voire aigrie. « Je n’avais jamais joué le rôle du ‟straight man” [un personnage qui n’a pas de répliques drôles, mais qui permet au protagoniste comique de briller], affirme d’ailleurs Isla Fisher, rencontrée en entrevue par Zoom aux côtés de son acolyte de jeu Jillian Bell. C’était une compétence que je voulais acquérir. Et ç’a été étonnamment difficile, car je devais rendre mon personnage intéressant sans m’imposer sur les moments comiques. »

IMAGE FOURNIE PAR DISNEY

Jillian Bell dans Godmothered

L’élément comique de Godmothered, diffusé sur la plateforme Disney+, c’est la fée marraine en formation Eleanor (Jillian Bell). Complètement inexpérimentée, elle débarque sur terre pour la première fois afin de répondre à une lettre égarée qu’elle vient de retrouver, rédigée par Mackenzie lorsqu’elle avait 10 ans. Alors que les fées marraines, très peu demandées, sont menacées d’être reconverties en fées des dents, Eleanor souhaite prouver qu’elles sont encore nécessaires.

La jeune et maladroite marraine tente de donner à Mackenzie sa fin de conte de fées en se basant sur des préceptes archaïques. Pour Eleanor, il suffirait d’un prince pour que la maman retrouve le bonheur. Bien sûr, la tournure des choses s’avérera différente, plus complexe, et surtout, bien moins axée sur l’amour romantique.

Un film féminin

Le personnage de Mackenzie a deux filles (interprétées par les jeunes Jillian Shea Spaeder et Willa Skye). Sa sœur est également très présente dans son quotidien. Cette dernière travaille dans une station de nouvelles et son caméraman est une camérawoman. La présence de nombreuses femmes dans le film, réalisé par Sharon Maguire (Le journal de Bridget Jones), n’a rien d’un hasard.

C’est une décision très intentionnelle de mettre de l’avant une communauté de femmes et de fées marraines. Et c’est un honneur d’être l’un des véhicules de ce message.

Isla Fisher

D’ailleurs, seules des femmes peuplent le monde des marraines d’où vient Eleanor, le Motherland. « En lisant le scénario, j’ai tout de suite adoré l’humour et la sensibilité, mais aussi le fait que ce soit un film où l’on rencontre des femmes de toutes les générations. C’est un très beau message », dit Jillian Bell.

Un film féminin, donc, voire féministe. On y montre des femmes indépendantes. Et c’est d’ailleurs là, en grande partie, que réside le principal message de ce conte de fées moderne : « heureux pour toujours » prend une signification nouvelle, où l’amour et le bonheur ne se trouvent pas là où les contes nous ont toujours dit qu’ils étaient.

Certains contes de fées sont dépassés et perpétuent des stéréotypes qui ne reflètent plus nos valeurs. Comme le fait d’être secourue par un homme ou le fait d’avoir une femme cruelle comme belle-mère.

Isla Fisher

La mère de deux enfants se dit chanceuse de pouvoir leur montrer, ainsi qu’à d’autres, « ce dont une fin heureuse peut avoir l’air, selon ce que chacun souhaite qu’elle soit ». « Pour mon personnage, ce sont ses filles, pas le prince », dit-elle.

« L’amour est quelque chose de différent pour chaque personne, tout comme le bonheur ou la paix, renchérit Jillian Bell. De prendre ces concepts et de les reformuler pour que ce ne soit plus quelque chose d’uniforme, je trouve que c’est ce qu’on devrait attendre des contes de fées, et j’aime que Disney ait souhaité ouvrir la porte à cela. »

À temps pour Noël

Le tournage de Godmothered a dû être écourté de quelques jours, au mois de mars, alors que la pandémie prenait de l’ampleur. « Ils ont dû être très créatifs dans la postproduction, explique Jillian Bell. Ils ont ajouté de l’animation pour compléter les scènes qui n’ont pas pu être tournées. »

Ayant vu le résultat final quelques jours avant notre entretien téléphonique, les actrices se disent impressionnées par le fruit du travail. « C’est incroyable de voir ce qu’ils ont pu faire malgré ce qui nous manquait », constate Bell.

Ainsi, malgré le tournage interrompu, le film, qui se déroule par ailleurs pendant le temps des Fêtes, est prêt à sortir juste à temps pour la période hivernale. « Nous traversons un moment où les gens doivent être divertis, conclut Isla Fisher. Ça semble futile, mais c’est la raison pour laquelle on travaille. Pour amener de la joie et de nouvelles perspectives. C’est merveilleux de pouvoir offrir une comédie ces temps-ci. »

Godmothered, sur Disney+, à partir de vendredi.