Kristen Stewart n’a pas l’habitude de jouer dans des comédies. Depuis que sa carrière a été propulsée vers des sommets vertigineux grâce à la série cinématographique Twilight, on l’a vue autant dans des films d’action (Charlie’s Angels) et d’horreur (Underwater), que dans des drames (Seberg, Sils Maria), pour ne nommer que ceux-là. En tenant l’un des deux rôles principaux dans Happiest Season, un film de Noël à la trame des plus classiques, qui met de l’avant pour la première fois un couple de même sexe, elle espère toucher un très vaste public.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Les premières réactions sont positives et elle s’en réjouit. Elle aime depuis toujours les films de Noël, même si elle ne s’y reconnaît pas. La réalisatrice et coscénariste, Clea DuVall, l’a contactée en premier, il y a deux ans. Elle s’est engagée à fond.

« J’ai beaucoup aimé le scénario », explique la jeune femme, qui a eu 30 ans en avril dernier.

C’était attrayant de faire un film de Noël inspirant, authentique et doux, où un couple de même sexe se trouve au premier plan, plutôt que d’être marginal.

Kristen Stewart

« Pour Clea, il s’agit d’un projet très personnel. Le choix de la troisième partenaire était crucial. Nous avons trouvé Mackenzie Davis très tôt dans le processus. Cela nous a donné un an pour tout mettre en place ensemble. »

PHOTO LACEY TERRELL FOURNIE PAR TRISTAR PICTURES

Mackenzie Davis et Kristen Stewart partagent la vedette dans le film Happiest Season, de la réalisatrice Clea DuVall.

Originaire de Vancouver, Mackenzie Davis (Blade Runner 2049, Terminator – Dark Fate) interprète le rôle de Harper, l’amoureuse d’Abby (Kristen Stewart).

Harper invite son amie de cœur dans sa famille pour les Fêtes, mais ses proches ne savent pas encore qu’elle est lesbienne. S’ensuit une série de malentendus, exacerbés entre autres par la dynamique malsaine qui règne au sein de la famille. Au duo d’actrices s’est joint une distribution cinq étoiles, qui comprend Mary Steenburgen (Book Club, Elf), Victor Garber (Argo, Titanic), Daniel Levy (Schitt’s Creek, The Great Canadian Baking Show). Mary Holland, coscénariste, y a mis beaucoup d’humour dans le rôle de Jane, une des sœurs de Harper.

PHOTO JOJO WHILDEN, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

L’hilarant Daniel Levy et Kristen Stewart, dans une scène du film Happiest Season. Dans une bijouterie, la joaillière (Sarab Kamoo) leur montre la bague de fiançailles qu’Abby a achetée en secret.

« Je n’ai pas senti de pression pour être comique, indique Kristen Stewart, lors d’une entrevue effectuée par Zoom avec Mackenzie Davis, les deux actrices réunies par la magie de la technologie. Le scénario est très drôle en soi et plusieurs des autres acteurs dans le film sont très bons pour improviser. Nous avons eu beaucoup de plaisir. »

« Des films comme celui-ci n’ont pas été faits jusqu’à présent, constate Mackenzie Davis. Il y a de la place pour des films pour grand public positifs, qui mettent l’accent sur des couples de même sexe et sont racontés de la même façon que tant d’histoires d’amour avec des couples hétérosexuels. Après tant d’années à vivre dans le désert, cela fait du bien d’avoir accès à un peu d’eau. »

L’équipe de création a voulu faire une comédie romantique qui plaira à un large auditoire, précise Kristen Stewart.

Je ne crois pas que le film s’adresse uniquement à un type de communauté. Que les gens soient gais ou non, beaucoup connaissent une personne dans leur entourage qui a eu de la difficulté à sortir du placard ou a eu besoin de quelqu’un pour le faire.

Kristen Stewart

« C’est ironique, poursuit-elle avec chaleur, que les gens à la limite de la normalité soient ceux qui aident les autres à trouver leur place, alors qu’ils ont eux-mêmes été opprimés et se sont fait imposer des idées toute leur vie. Oui, c’est notre responsabilité de les prendre par la main et de les amener délicatement vers l’eau pour qu’ils boivent et ne meurent pas de soif dans un monde dominé par la haine et le jugement. »

Un film comme Happiest Season est plus que jamais pertinent, croit la Californienne, qui a toujours vécu à Los Angeles. « Quand tu habites dans une métropole et que tu es une personne progressive, tu ne penses pas que d’autres vivent dans la peur, submergés par l’anxiété, dans des communautés moins ouvertes, dit-elle. C’est incroyablement naïf de penser que la partie est gagnée. »

Happiest Season (Notre plus belle saison) sera offert dès le 26 novembre, en anglais et en français, sur toutes les plateformes de vidéo sur demande, dont iTunes, Illico, Telus, Cogeco, Bell et Google Play.