(Mexico) La pandémie de coronavirus a retardé le retour de l’actrice mexicaine Yalitza Aparicio sur les plateaux de cinéma. Mais l’héroïne du film multiprimé Roma profite du confinement pour poursuivre son engagement en faveur des peuples amérindiens.

Natalia CANO
Agence France-Presse

De retour à Mexico, après avoir passé plusieurs semaines dans sa ville natale de Tlaxiaco, dans l’État d’Oaxaca, la première femme amérindienne sélectionnée pour l’Oscar de la meilleure actrice a lancé une vidéo d’information en langues locales pour lutter contre la propagation de la COVID-19.

Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les peuples indigènes, cette institutrice de formation de 26 ans dit à l’AFP espérer que la crise « nous apprendra que nous ne sommes pas différents les uns des autres » et qu’il faut « être solidaires ».

Q : Quelle a été votre activité favorite pendant le confinement et comment l’avez-vous vécu ?

R : « Au début, c’était compliqué parce que j’avais un rythme de vie un peu effréné, j’allais sans cesse d’un endroit à l’autre, et soudain, on nous a dit “tu dois rester à la maison” [...] Je me suis sentie un peu étouffée par le fait d’être enfermée, mais j’ai commencé à faire des activités que j’avais toujours aimées, comme la peinture et la lecture, qui m’ont aidé à renouer avec la Yali que j’étais avant ».

Q : Que nous apprend cette pandémie ?

R : « Elle nous apprend à être unis et pas seulement physiquement [...] Elle nous apprend aussi à être solidaires, à penser aux autres et à ne pas être autant égoïstes. Je pense que c’est ce qu’il y a de plus beau dans tout cela, que nous nous soutenions mutuellement ».

Q : En quoi cette crise nous a-t-elle changés ?

R : « Je ne sais pas comment nous allons agir, mais nous devrions le faire au mieux, en prenant certaines mesures, notamment en matière de santé. Ce n’est pas parce que la pandémie va passer que tout va revenir à la normale. Certains médias ont dit que la pandémie avait donné une respiration au monde. On se rend compte que c’est vrai, quand on regarde le ciel, il semble moins pollué [...] C’est vrai que nous (les humains) détruisons le monde ».

Q : L’urgence sanitaire a-t-elle retardé vos plans de carrière ?

R : « En tant qu’ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, non, heureusement. Je n’ai pas arrêté, car ce temps m’a été utile pour continuer à m’informer. Pour le cinéma, oui, plusieurs projets ont été stoppés, nous allons peut-être être bloqués pendant un certain temps, mais nous pourrons reprendre plus tard. Nous verrons comment nous sortirons de cette pandémie et ce qui se passera ».

Q : Comment est née l’idée de réaliser une vidéo avec des messages sur la COVID-19 en langues indigènes ?

R : « L’objectif [...] est de montrer au monde que nous ne sommes pas différents les uns des autres, mais qu’au contraire, nous faisons tous partie de ce monde et que, par conséquent, nous devons tous collaborer. Tout le monde (les participants) était d’accord avec ce message. [...] Certaines personnes ne parlent que leur langue, elles ne parlent pas l’espagnol et ces messages (de prévention) ne leur parviennent pas ».