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A World Not Ours : vivre sur un timbre-poste

Dans son documentaire A World Not Ours, le... (Photo: fournie par la production)

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Dans son documentaire A World Not Ours, le réalisateur Mahdi Fleifel parle du camp palestinien d'Ain el-Hilweh, situé au sud du Liban, où il a lui-même vécu avant de déménager au Danemark.

Photo: fournie par la production

Des sentiments entremêlés de fascination et d'étouffement nous restent à la sortie de A World Not Ours, documentaire de Mahdi Fleifel consacré au camp palestinien d'Ain el-Hilweh, au sud du Liban, présenté cette semaine dans la cadre de la série Docville des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).

Étouffement, parce qu'on se sent pris à la gorge d'être ainsi amené au coeur de ce camp où s'entassent quelque 70 000 personnes sur un kilomètre carré. Ce sentiment est décuplé lorsqu'on sait que la plupart des gens passeront l'entièreté de leur vie sur ce timbre-poste géographique.

Et fascination, parce qu'en dépit de cette situation, le camp d'Ain el-Hilweh est un incroyable microcosme de la vie palestinienne, où surviennent mille et une situations, où s'expriment mille et un sentiments. Où la liberté et un désir indéniable de vouloir faire partie de l'humanité s'expriment tant bien que mal, notamment au moment de la présentation de la Coupe du monde de football, tous les quatre ans.

«Au fil des ans, ma vision du camp a changé, indique M. Fleifel dans une entrevue réalisée par Skype entre Paris et Montréal. Lorsque j'étais jeune et que je vivais à l'intérieur du camp, je ne me souciais guère de l'ambiance politique. Puis, en vieillissant et en filmant, j'ai fini par comprendre que ce n'est pas Disney! Ce camp est un endroit tragique.»

Cette tragédie s'exprime à travers l'amitié liant M. Fleifel à Abu Eyad, un ami d'enfance. Si le premier a eu la chance de sortir du camp pour aller vivre au Danemark, le second y est confiné. Son désespoir, non seulement de ne pouvoir se déplacer, mais de gagner une éducation et une dignité, reflète ce que vit l'ensemble de la population.

À la manière de Woody Allen

Le réalisateur a pourtant abordé son sujet avec une bonne dose d'humour, un ton caustique qui a pour effet de désamorcer en partie le côté très dramatique de la situation. Cette petite musique de jazz, la narration hors champ, l'autodérision nous rappellent le ton parfois employé en ouverture des films de Woody Allen. «Vous avez raison, opine M. Fleifel. J'ai adopté une approche semblable à celle de Radio Days. Il y a beaucoup de nostalgie dans ce film d'Allen, et c'est aussi ce que je ressens lorsque je retourne en vacances dans le camp.»

Le film a cette belle qualité de nous rappeler l'importance des archives personnelles, puisque l'auteur a introduit plusieurs séquences de vieux films tournés sur plus d'une vingtaine d'années pour construire son documentaire. «C'est un long travail d'amour, confirme le réalisateur. J'ai vu des documentaires semblables au mien tels Gipsy Davy de Rachel Leah Jones ou le très beau Stories We Tell de Sarah Polley, et ça m'a beaucoup encouragé.»

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A World Not Ours est présenté ce soir (27 juin), à 20h, au Cinéma Excentris. Une discussion par Skype avec le réalisateur suivra la projection.




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