Les Minions ont fait irruption dans l’univers du cinéma d’animation en 2010, volant la vedette à leur maître, le méchant Gru pas si méchant que cela, dans Despicable Me (Détestable moi). Cette première œuvre d’Illumination a assuré des bases solides au studio d’animation par ordinateur, qui a depuis tiré amplement profit de la popularité des petites créatures jaunes d’une terrible maladresse.

Publié le 1er juillet
Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

Ce cinquième opus de la franchise prend ses distances avec ses prédécesseurs tout en misant (mais pas trop) sur les sympathiques personnages aux salopettes bleues. À ce chapitre, il ne faut pas se fier aux bandes-annonces du film d’animation, qui laissent craindre le pire aux pauvres parents en surexposant la bêtise des Minions. La présence de ces derniers est beaucoup mieux dosée dans le long métrage, qui s’avère fort divertissant.

Après avoir réalisé Minions et Despicable Me 3 Kyle Balda reprend les commandes de cette nouvelle aventure, qui précède dans le temps Despicable Me, et raconte comment se sont forgés les liens entre les petits êtres jaunes et le jeune Gru, âgé de 11 ans et demi (à qui Steve Carell prête toujours sa voix, juste un peu plus aiguë). Le préado au nez pointu et à l’écharpe de laine noir et gris aspire déjà à devenir un des plus grands méchants du monde et il a pour idoles les six redoutables membres du groupe malveillant Vicious Six. Lorsque l’un d’entre eux se fait évincer par ses complices, Gru se porte volontaire pour le remplacer. Rejeté parce qu’il est trop jeune, il montre aux cinq superméchants qui restent de quoi il est capable en leur dérobant une amulette aux pouvoirs magiques, s’attirant par le fait même leur colère. Son plan ne va évidemment pas comme prévu lorsqu’il confie le précieux médaillon au dévoué Minion Otto, plutôt simple d’esprit, qui va l’échanger contre une pierre. Suit une folle poursuite jusque dans les rues vertigineuses de San Francisco.

IMAGE FOURNIE PAR UNIVERSAL STUDIOS

Ces cinq superméchants ont chacun leurs habiletés dévastatrices.

L’action se passe en 1976, à l’ère des pantalons à pattes d’éléphant et du disco. Ceux qui savent compter et ont vu Minions (qui se déroule en 1968) savent bien que Gru ne pourrait être si jeune en 1976. Qu’importe, puisque l’époque choisie est le cadre parfait pour une histoire aux rebondissements abracadabrants, rehaussée par une animation par ordinateur dynamique de grande qualité aux couleurs pimpantes. Les chansons archiconnues sélectionnées par le renommé producteur de disques Jack Antonoff donnent par ailleurs le ton aux scènes regorgeant de gags visuels.

Les superméchants ont chacun leurs habiletés dévastatrices. S’ajoute aussi une talentueuse instructrice d’arts martiaux (voix de Michelle Yeoh), qui ne recule devant rien pour enseigner le kung-fu aux Minions qui se tournent vers elle pour sauver leur maître. L’intrigue est d’ailleurs bien servie en mettant l’accent sur quatre fidèles créatures, les illustres Kevin, Stuart et Bob, ainsi que le nouveau venu Otto. Ce qu’ils disent n’a bien sûr aucun sens, dans un savant mélange de français, d’anglais, d’espagnol, d’italien et d’exclamations inintelligibles. Le mérite revient entièrement à l’animateur français Pierre Coffin, qui double de nouveau les voix des petits personnages à l’enthousiasme débordant.

Les inséparables camarades jaunes sont mis à rude épreuve, dans des scènes d’une grande créativité qui rappellent les dessins animés Looney Tunes (avec Bugs Bunny et cie) et les Three Stooges. Les mauvais traitements qu’ils subissent et s’infligent mutuellement font rigoler, mais risquent d’être intenses pour les petits. À travers le feu roulant de l’action, les créateurs sont parvenus à rendre le jeune Gru sympathique en montrant, comme dans les autres films de la franchise, que sous ses rêves de grandeur mal placés se cache un réel désir d’être aimé et apprécié à sa juste valeur. Il accepte donc la main tendue par ses amis, sans pour autant dévier de ses plans machiavéliques. On n’en attendrait pas moins de lui.

Minions – The Rise of Gru
(V.F. Les Minions 2 – Il était une fois Gru)

Animation

Minions – The Rise of Gru
(V.F. Les Minions 2 – Il était une fois Gru)

Kyle Balda

Avec les voix de Steve Carell, Michelle Yeoh, Pierre Coffin

1 h 27
En salle

½

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