Un brillant neurochirurgien retourne chez lui à Kitigan Zibi, en territoire anichinabé, à la mort de son père. Une fois là-bas, il semble être poursuivi par une étrange créature qui le confronte directement à son passé, au moment même où sa vie personnelle et professionnelle est en crise.

Publié le 29 avril
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

On dit de L’inhumain qu’il est le premier film autochtone francophone de genre. Troisième long métrage de fiction produit par la société Nish Média, laquelle a offert Le dep et Rustic Oracle (réalisés par Sonia Bonspille Boileau), ce premier long métrage de Jason Brennan à titre de scénariste et de réalisateur s’inscrit dans la mouvance de ces artistes autochtones qui se réapproprient enfin leurs histoires.

Celle de L’inhumain est directement inspirée d’une version de la légende algonquine du Wendigo, à laquelle le cinéaste fut initié à l’âge de 10 ans autour d’un feu dans sa communauté de Kitigan Zibi. Cette créature maléfique vient hanter les esprits de ceux qui négligent l’importance de la vie en communauté en faisant primer leur intérêt personnel plutôt que celui d’autrui.

PHOTO FOURNIE PAR NISH MÉDIA

Samian est la tête d’affiche de L’inhumain, un film de Jason Brennan.

À l’aube de la quarantaine, Mathieu (Samian) est ainsi rattrapé par un passé qu’il tentait jusque-là d’éviter par tous les moyens. Ce brillant neurochirurgien, égocentrique, met en péril sa propre santé (il se dope), sa vie de famille (aventure extraconjugale) et même sa propre histoire, dans la mesure où il maintient à distance les liens avec ses origines. Quand il retourne chez lui, en territoire anichinabé, pour déposer les cendres de son père sur une terre ancestrale, son pèlerinage vire au cauchemar.

Basculant dans sa portion « horreur » en deuxième partie, le récit de L’inhumain emprunte les allures d’un conte moral transposé dans une réalité contemporaine. Le drame est installé de façon plutôt mesurée dans la première partie, mais emprunte carrément ensuite les effets du film d’épouvante. Les amateurs du genre apprécieront, les autres trouveront parfois l’approche un peu surfaite. Cela dit, Samian porte ce long métrage sur ses épaules avec grâce. Il est excellent.

L’inhumain est actuellement à l’affiche.

L’inhumain

Thriller

L’inhumain

Jason Brennan

Avec Samian, Véronique Beaudet, Jeanne Roux-Côté

1 h 25