Au cours de la pandémie de coronavirus, sept réalisateurs décident de nous faire partager leur vision de cette nouvelle réalité. Jafar Panahi, Anthony Chen, David Lowery, Laura Poitras, Dominga Sotomayor, Malik Vitthal et Apichatpong Weerasethakul signent chacun un court métrage.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Chez lui, en Iran, Jafar Panahi a filmé sa femme, sa mère, son lézard Iggy et lui-même. À New York, Laura Poitras nous fait vivre, de son appartement, l’enquête documentaire comme elle seule est capable de la faire. David Lowery propose de son côté une œuvre en forme de croisement entre Nomadland et le film d’horreur.

À chacun son interprétation de la pandémie de coronavirus et de son impact sur les individus. Et comme certains films sont tournés de la maison des cinéastes ou nous font vivre différentes formes d’enfermement, on peut qualifier l’ensemble de cinéma maison.

Sous un titre parapluie très juste, ce collectif nous fait voir sept visions des choses avec des thèmes communs : l’isolement, l’éloignement, des lieux cadenassés, la détresse psychologique, etc.

Aux États-Unis, le film est distribué par l’excellente maison Neon. Il a été présenté en première mondiale cet été à Cannes. D’ailleurs, cinq des sept cinéastes y ont présenté des films par le passé. C’était, il faut croire, suffisant pour que certains scribes crient au génie. Permettez qu’on exprime certaines réserves.

Dans ce genre d’exercice, il y a forcément des coups de génie et des faiblesses, des hauts comme des bas. Rappelons-nous le collectif 11’09’’01 de 11 réalisateurs sur les attentats du 11-Septembre. Il y avait des inégalités.

Même chose ici, quoique d’un spectateur à l’autre, les interprétations ne seront pas les mêmes. Et c’est tant mieux.

Dans notre cas, le film de Jafar Panahi, intitulé Life, nous a paru se détacher du lot. Hyperréaliste, c’est celui qui se termine avec la plus belle finale d’espoir. Le film suivant, The Break Away, d’Anthony Chen, détaille tout au contraire la descente aux enfers d’un couple de Wuhan qui n’en peut plus de vivre en isolement.

L’œuvre la plus forte et à la fois la plus troublante est celle de David Lowery, Dig Up My Darling, dans laquelle une femme qui vit pratiquement dans sa voiture trouve une série de vieilles lettres qui vont la conduire au corps d’un garçon disparu depuis des décennies.

Ce genre d’anthologie plaira sans doute aux inconditionnels du septième art, mais on peut se demander si, après 18 mois de pandémie, l’ensemble des cinéphiles aura envie de se plonger dans ces histoires un brin déprimantes.

En salle.

Consultez l’horaire du film
The Year of the Everlasting Storm

Anthologie

The Year of the Everlasting Storm

Collectif

Avec Jafar Panahi, Yu Zhang, Dongyu Zhou et plusieurs autres

2 h 01