Depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se disputent le territoire autonome du Nagorny Karabakh. Après une guerre survenue en 1994, un cessez-le-feu fragile a été instauré. Mais les rancunes et la haine n’ont jamais cessé, et un nouveau conflit a éclaté en 2020. Cette histoire est ici racontée des deux côtés de la frontière.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

« Dieu nous a créés pour qu’on vive. Pas pour qu’on s’entretue. »

Avec une telle affirmation, balancée en ouverture de Sous un même soleil, dont les premières images ressemblent à un western sur fond de vestiges rouillés d’une guerre contemporaine, on avait envie de croire à une histoire nuancée, sans manichéisme et, pourquoi pas, avec une fin heureuse.

Erreur ! Quelle erreur ! Notre belle naïveté s’émousse aussi rapidement qu’elle a émergé à mesure que les minutes passent.

Nuancée, l’histoire ? Au moins, ça, c’est vrai ! Le documentariste François Jacob n’a épargné aucun effort pour nous raconter le destin tragique de ce petit morceau du monde de tous les points de vue. Il s’est rendu tant en Azerbaïdjan, à ses risques et périls, dit-il, qu’au Karabakh et en Arménie.

Il est aussi passé par les États-Unis, pays d’accueil d’Anna, Arménienne dont le voyage dans son pays d’origine sert de fil conducteur.

Les témoignages, livrés aussi bien par des réfugiés que par des gens de la rue et des intellectuels, sont très terre à terre. Ceux-ci sont entrecoupés d’images souvent saisissantes, tournées au niveau de la rue ou au cœur de paysages à couper le souffle. Le traitement de l’ensemble est à la fois contemplatif et immersif.

Des deux côtés de la frontière, exemples brandis à l’appui, chacun accuse l’autre d’avoir commis des massacres. Une rencontre, en fin de parcours, entre Ravan et Narmin, un couple d’Azerbaïdjanais, et Anna illustre parfaitement ce dialogue de sourds. On aurait pu croire que ces gens auraient quelques bribes du cœur, quelques rêves, à mettre en commun. Mais non.

« On est tous le bourreau de quelqu’un », indique un personnage du film. Ça résume pas mal cette histoire que François Jacob a voulu raconter sans jamais s’interposer ou prendre parti. Son documentaire est un beau et bon témoignage en dépit de la dureté du sujet.

En salle en version originale en arménien, azerbaïdjanais, russe et anglais avec sous-titres en français.

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Sous un même soleil

Documentaire

Sous un même soleil

François Jacob

Avec Hovig Yeganyan, Akram Aylisli et Anna Astvatsaturian Turcotte

1 h 37

½