Alors que leur communauté, réduite à quelques membres, est en voie de s’éteindre, les Sœurs Auxiliatrices du Québec réfléchissent sur leur engagement communautaire, leurs luttes féministes, leurs combats pour l’égalité et leur rapport à la vie comme à la mort.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Peu importe le domaine, l’histoire a l’habitude de retenir les fortes personnalités et les coups d’éclat de ceux et celles qui font avancer les choses. Or, c’est connu, l’arbre cache la forêt. Derrière les grandes gueules, il y a les militants, anonymes, en tout genre.

Les Sœurs Auxiliatrices du Québec en constituent un bon exemple. On sourit, par exemple, à la vue de ce plan où une des religieuses passe la main dans un tas de macarons qui n’avaient pas été exposés à la lumière du jour depuis un quart de siècle. Le geste, d’une désarmante naïveté, témoigne néanmoins des luttes menées par ces religieuses pour faire avancer les causes féministes, sociales et égalitaires.

À leur façon, les Auxiliatrices ont toujours fait entendre leur voix, quitte à s’éloigner des consignes de l’Église. Pensez donc ! L’une d’elles regarde la caméra en face et se demande pourquoi une femme ne peut devenir pape. Une autre, à l’heure du repas (de la pizza) pris juste avant une soirée électorale, lance à une consœur : « Toi pis ton Coke capitaliste ! Tu peux bien voter pour Québec solidaire ! »

Ce retour sur l’engagement des Auxiliatrices est campé dans un contexte difficile : celui où la communauté est en voie de disparaître. Un moment qui confronte les religieuses, et nous par ricochet, à leur finitude face au monde. C’est le moment des bilans auquel nous sommes ici invités.

Le cinéaste a modulé son tournage au rythme de la vie de la communauté. Autrement dit, c’est lent ! Trrrrrès lent ! Parfois statique ! Comme ce débat à la radio communautaire qui distille l’ennui. Certains (dont nous-même, avouons-le) vont avoir hâte qu’on enchaîne.

Pour le choix musical, le réalisateur a eu l’heureuse idée de sortir des sentiers battus et de se tourner vers la compositrice KROY (Camille Poliquin de Milk & Bone). Le résultat est un environnement sonore original qui nous change des assommantes compositions pianistiques servies avec ce genre de film.

En somme, ce documentaire, qui aurait gagné à être un peu plus rythmé, reste un témoignage intéressant sur la vie d’une communauté religieuse qui s’éteint. Ici, c’est l’humain qui est important. La religion est sous-jacente à l’engagement.

En salle

Ainsi soient-elles

Documentaire

Ainsi soient-elles

Maxime Faure

Avec les Sœurs Auxiliatrices du Québec

1 h 15