Qu’est-ce qui fait une bonne histoire de zombies ? Le suspense ? L’épouvante ? L’humour ? Un savant mélange est idéal, mais pas si simple à accomplir. Dans le cas d’Army of the Dead, Zack Snyder a ajouté d’autres ingrédients pour en faire un film de braquage extrêmement sanglant dans lequel est glissé un commentaire sociopolitique. C’était peut-être trop.

Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

Pendant un moment, on est prêt à croire que la proposition du réalisateur de Zack Snyder’s Justice League sera différente des autres du même genre. La prémisse est plutôt originale. La distribution, diversifiée, est rafraîchissante. Les images, surtout filmées de jour, sont sublimes. Mais, au fil des deux heures et demie, on accumule les frustrations : les personnages demeurent en surface, le ton est vraiment trop sérieux et l’action brute – et brutale – finit par prendre le dessus, pour le meilleur et pour le pire.

En 2004, Snyder a proposé sa propre version du classique de George A. Romero, Dawn of the Dead. La tâche était colossale, mais l’accueil favorable du public et de la critique a permis de lancer une carrière. Malgré la similarité des titres, Army of the Dead n’est pas la suite. Le récit se résume ainsi : Las Vegas a été emmuré afin d’y contenir les milliers de zombies qui ont pris le contrôle de la capitale du péché. Après tergiversations, le gouvernement américain a décidé de mettre fin à la menace grâce à un missile nucléaire.

L’impressionnante scène d’ouverture – assurément l’une des spécialités de Snyder – résume le boulot humanitaire accompli par Ward (Dave Bautista), Cruz (Ana de la Reguera) et Vanderohe (Omari Hardwick) avant que Vegas soit confiné. Toutefois, la mission héroïque du trio a rapidement été oubliée par le monde. Pour cette raison, ils n’hésitent pas longtemps lorsqu’un riche homme d’affaires leur propose d’aller récupérer sa fortune laissée dans un coffre-fort avant qu’elle soit atomisée. Tel un Danny Ocean, Ward assemble une équipe, qui comprend sa fille (Ella Purnell), bien malgré lui, pour réaliser cette expédition suicidaire.

Humaniser les zombies

Dès l’instant où le groupe de courageux (re)met les pieds en territoire « infecté », on constate que les nouveaux maîtres de Vegas ne sont pas des zombies comme ceux que nous sommes habitués de voir. Ils sont organisés, intelligents et ont des émotions. Enfin, certains d’entre eux. L’intention était probablement de poser un dilemme moral et de s’interroger sur le droit à la vie des morts-vivants. L’idée est intéressante, mais les quelques scènes réservées exclusivement aux zombies ne permettent pas de leur ouvrir notre cœur.

PHOTO CLAY ENOS, FOURNIE PAR NETFLIX

On aurait aimé que son personnage ait plus de profondeur, mais Dave Bautista démontre qu’il a les compétences pour être une tête d’affiche.

La bande d’humains est beaucoup plus sympathique de toute façon. Rapidement, on s’attache à eux et on souhaite qu’ils repartent de Vegas comme s’ils venaient de gagner au casino. Sans surprise, la maison l’emporte et peu d’entre eux parviennent à mettre la main sur de nouveaux billets verts. Mais le plus triste est qu’on leur dit adieu sans vraiment les connaître. Dave Bautista et la majorité de la distribution sont convaincants dans leurs rôles, malheureusement plutôt unidimensionnels. Il y avait pourtant assez de temps entre chaque attaque de zombies pour ajouter des nuances…

Alors, on se rabat justement sur les scènes de massacre pour se divertir. Elles sont à la fois horrifiantes et superbes. Snyder a ce talent. On se demande quand même si les litres de sang et les têtes éclatées font encore plaisir à beaucoup de monde aujourd’hui.

Sur Netflix

Army of the Dead
(V. F. : L’armée des morts)

Horreur

Army of the Dead
(V. F. : L’armée des morts)

Zack Snyder

Avec Dave Bautista, Ella Purnell, Omari Hardwick

2 h 28

½