Ode à la musique et au pouvoir des sons, ce documentaire nous transporte aux quatre coins du monde, où des musiciens et des experts s’expriment sur la place, centrale, des vibrations sonores dans nos vies et notre quotidien, et ce, de la naissance jusqu’à la mort.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Le cœur battant, le choc de petites roches bousculées par l’océan sur des rochers, les cordes d’un violoncelle, l’impact d’un bâton sur la peau d’un tambour, le rythme de la musique house. Voilà autant de sons fédérateurs et parfois curatifs présents dans nos vies.

On ne s’en rend pas compte. On les oublie. On les tient pour acquis. Peut-être parce qu’ils n’ont pas de formes, de couleurs, de dimensions. Peut-être parce que le sens de l’ouïe est écrasé par celui de la vue.

Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que le documentaire que propose Marie-Julie Dallaire a été tourné en noir et blanc. C’était un moyen supplémentaire à sa disposition pour aider le spectateur à mieux saisir la densité comme la variété et l’impact des sons et de la musique dans nos vies.

Les sons sont comme les espèces de la faune et de la flore. Diversifiés. Foisonnants. Ils sont à la fois apaisants et intrigants, permanents et imposteurs, sourds comme variés, surprenants et colorés (si, si).

Il n’est pas simple de faire une œuvre mettant en vedette les sons. Marie-Julie Dallaire y est parvenue en allant puiser dans la science de différents spécialistes. Des musiciens (Patrick Watson, Stéphane Tétreault, Osunlade), des experts de la santé comme la musicothérapeute Tiana Malone, mais aussi des spécialistes dont on ne soupçonnait même pas l’existence, tel Gordon Hempton, écologiste acoustique.

Le travail de ce dernier donne deux des passages les plus hallucinants du film, à savoir une plongée dans le silence piqueté de sons à peine audibles de la vallée Hoh et une visite de la plage du Rialto, tous deux dans l’État de Washington. Il est beau d’entendre M. Hempton affirmer que le son de la mer répercuté dans un immense tronc d’arbre échoué au bord de la grève est comme celui du plus grand violon du monde.

Si le son est la vedette du film, il faut néanmoins saluer bien bas le travail remarquable des directeurs photo Tobie Marier Robitaille et Josée Deshaies.

En salle dès vendredi

IMAGE FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE

Comme une vague, de Marie-Julie Dallaire

Comme une vague

Documentaire de Marie-Julie Dallaire. Avec Patrick Watson, Tom Wilder, Tiana Malone.

1 h 28

★★★½