À Amsterdam, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un marchand d’art et artiste doué dans la contrefaçon est reconnu coupable d’avoir vendu aux nazis des œuvres spoliées aux Juifs et au trésor hollandais. Son sort repose entre les mains d’un officier allié qui doit au contraire démontrer qu’il est un héros national.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Le long métrage The Last Vermeer est l’adaptation d’un roman lui-même inspiré de l’histoire vraie de Han van Meegeren qui, durant la Seconde guerre mondiale, peignit un faux Vermeer, Le Christ et la parabole de la femme adultère, et le vendit à Hermann Göring contre 137 vrais tableaux appartenant au trésor national des Pays-Bas.

Lorsqu’on lit un peu sur cette histoire, on se rend compte très rapidement que les artisans du film ont pris leurs distances de plusieurs éléments de la réalité par souci de dramatisation. Déjà, on peut ressentir un certain agacement. Mais il y a plus !

Dans le rôle central de van Meegeren, Guy Pearce surjoue son côté dandy. On veut bien croire qu’il se croyait au-dessus de la mêlée, mais le personnage est à deux doigts du peloton d’exécution.

C’est tout le contraire de Claes Bang (The Square), dans le rôle du capitaine Joseph Piller. Bang propose un personnage froid et lisse. À ses côtés, dans le rôle de l’assistant Espen Denker, Roland Moller joue un homme brouillon et vif sur la bouteille.

L’ensemble donne l’impression de musiciens désorganisés d’un même ensemble.

Ça ne s’améliore pas avec l’espèce d’atmosphère décontractée de l’ensemble. Plusieurs scènes ne donnent pas l’impression d’être au lendemain d’une effroyable guerre. C’est bourgeois, relâché, presque beau. Les scènes extérieures renvoyant à la misère des survivants sonnent creux, pour la plupart. Même les figurants ont l’air de s’ennuyer et de ne pas savoir comment se placer. Et Vermeer là-dedans ? Bof. C’est à peine si on en parle.

Nous avions déjà dit au moment de la sortie du film The Aftermath (2019) combien les lendemains de la Seconde Guerre mondiale constituaient un terreau fertile pour des histoires de cinéma. Or, nous avions été très déçu par The Aftermath et nous l’avons été presque autant par ce film. L’histoire et les millions de victimes du conflit méritent mieux que ce long métrage où tout sonne faux.

AFFICHE FOURNIE PAR SONY PICTURES

The Last Vermeer, de Dan Friedkin

Drame
The Last Vermeer
Dan Friedkin
Avec Guy Pearce, Claes Bang et Vicky Krieps
1 h 58
★★