Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami dévastateur se traduit par la mort ou la disparition de quelque 20 000 personnes dans la région de Tohoku, au Japon. Plusieurs années plus tard, alors qu’ingénieurs et ouvriers se pressent à construire d’immenses brise-lames sur la côte, des survivants croisent l’âme des morts.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Non, nous ne sommes pas dans un film de zombies ou de science-fiction. Nous sommes plutôt dans un documentaire tout à fait à propos dans ce pays, le Japon, où la spiritualité tient encore beaucoup de place.

Or, la spiritualité, les croyances, les espérances même, sont traitées avec respect et sans parti pris dans ce film qui possède de belles qualités tant de ton que de forme.

Un film qui fait appel aux sens et dans lequel l’information se dévoile lentement. On l’absorbera pratiquement dans une forme d’osmose, de communion. Jamais les réalisateurs n’essaient de nous rentrer leur propos dans la tête. L’impression générale est très réjouissante.

Ces informations sont de deux ordres. D’abord, la douleur des survivants. Plusieurs victimes du tsunami vivent toujours cantonnées dans des camps de fortune. D’aucuns jurent avoir vu un proche mort ou disparu déambuler le long de la côte. D’autres avouent n’avoir rien vu, mais… espèrent sincèrement que ça leur arrivera ! Ces passages sont parfois accompagnés de séquences étranges, vaporeuses, mais en parfaite adéquation avec le propos.

Ensuite vient la reconstruction. Dans les séquences abordant ce sujet, les images sont plus robustes, plus terre à terre. On s’étonne, en les regardant, de voir l’érection de ces immenses brise-lames qui dénaturent le paysage côtier. Ici, on érige des murs contre les éléments et non contre l’arrivée d’immigrants. Mais la monumentalité du geste et du résultat reste la même.

IMAGE FOURNIE PAR LA SOCIÉTÉ DES APACHES

À certains moments, on trouvera des ressemblances entre ce qui se passe dans le film et notre réalité actuelle de confinement. L’épreuve, la résilience, la reconstruction sont ici des thèmes porteurs qui donnent matière à réflexion.

★★★½

Brise-lames. Documentaire d’Hélène Robert et de Jeremy Perrin. Avec Kenji Horii, Taio Kaneta, Koshin Amano et plusieurs autres. 1 h 08.

Brise-lames est offert à la location sur la plateforme Tënk.

> Consultez le site web tenk.ca