Faire la critique d’un film des univers cinématographiques Marvel ou de DC Comics représente un dilemme : s’adresser aux initiés, aux amateurs modérés ou au grand public ?

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Après avoir vu Bird of Preys, le deuxième film à mettre en vedette le personnage de Harley Quinn (interprété par Margot Robbie), c’est aussi à se demander à qui ont voulu plaire les producteurs.

Aux plus jeunes ? Au public féminin amateur de films de superhéros ? Aux gens qui ne font pas la différence entre les personnages du Joker interprétés par Jared Leto et Joaquin Phoenix ?

Ce serait trop réducteur, non ?

Chose certaine, les initiés reprocheront sans doute au résumé du début du film — qui nous situe dans l’action — d’être trop élémentaire.

Birds of Prey (and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn) est donc la suite du film Suicide Squad, sorti en 2016. 

Où en sommes-nous ? Fraîchement séparée du Joker (celui interprété par Jared Leto), Harley Quinn profite de son célibat avec une soif ardente de liberté dans le bar de Roman Sionis (interprété par Ewan McGregor), alias Black Mask, qui sème la terreur à Gotham.

Ce dernier se fait voler un diamant par une adolescente orpheline pickpocket, que Harley Quinn prendra sous sa protection. D’autres femmes entreront ensuite en scène, soit Dinah Lance (la chanteuse du club qui deviendra malgré elle la chauffeuse de Sionis), Helena Bertinelli (qui veut venger le meurtre de sa famille mafieuse) et Renee Montoya (la policière qui perd son emploi dans son entêtement à arrêter Sionis), incarnée par Rosie Perez.

Avec ce quintette féminin bad ass mené par Harley Quinn, nous sommes loin de Charlie’s Angels. À mi-chemin entre le rave et un match de roller-derby, l’esthétique du film est très juvénile, voire d’inspiration du magasin Ardène. 

Le montage frénétique crée un sentiment de surstimulation, tout comme la bande originale gonflée à bloc (Kesha, Halsey, Heart).

À la réalisation, Cathy Yan (Dead Pigs) succède à David Ayer. Elle — non plus — n’a pas su trouver la tonalité juste à donner au film. Est-ce comique ? Gothico-burlesque ? Quoi qu’il en soit, Birds of Prey ne manque pas de scènes d’actions époustouflantes et violentes. Mais il n’y a pas l’humour subtil et une vivacité d’esprit à la Deadpool ou Guardians of The Galaxy.

À défaut d’avoir un scénario à la dramaturgie convaincante, les producteurs de DC Entertainment ont voulu profiter du vent féministe qui souffle sur les films de Marvel (Captain Marvel, Black Widow) en réunissant une bande de cinq antihéroïnes. Le tout dans le but de faire des suites.

IMAGE FOURNIE PAR WARNER BROS.

Birds of Prey (and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn)

Faut-il s’en surprendre, me direz-vous ?

C’est évident — et cela va de soi — à la fin du film qu’on met la table à d’autres aventures. Heureusement qu’il y a une amélioration par rapport à Suicide Squad pour avoir (un peu) confiance en ce qui s’en vient.

Et heureusement que Margot Robbie brille de mille feux avec son je-m’en-foutisme, qu’il y a la présence étonnante d’Ewan McGregor, et que l’acteur Chris Messina (Sharp Objects) métamorphose son casting dans la peau de son assistant. Mais la révélation du film est sans doute l’actrice Jurnee Smollett-Bell dans la peau du personnage de Black Canary.

Conclusion ? Allez, au suivant. 

Encore !

★★½

Birds of Prey (and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn). Un film de superhéros de Cathy Yan. Avec Margot Robbie, Rosie Perez, Jurnee Smollett-Bell. 1 h 50.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2020/birds-of-prey