Dans une petite ville de province française, un couple et ses enfants rejoignent les rangs d’une communauté catholique ayant toutes les apparences d’une secte. L’aînée de cette famille nombreuse, âgée de 12 ans, se retrouve déchirée entre ses propres aspirations et l’amour qu’elle porte à ses parents.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Déjà connue à titre d’actrice, Sarah Suco s’est inspirée de sa propre histoire familiale pour écrire et réaliser Les éblouis, son premier long métrage. Même si elle aborde un sujet difficile, qui aurait pu être source d’indignation et de révolte, la cinéaste propose un portrait nuancé, d’autant plus riche qu’on le devine nourri d’observations intimes et personnelles.

À travers les yeux de Camille (Céleste Brunnquell est une véritable révélation), on suit ainsi le parcours d’une jeune fille de 12 ans dont les aspirations ne s’harmonisent pas du tout avec le nouveau mode de vie qu’imposent ses parents (Camille Cottin, dans un contre-emploi, et Éric Caravaca). Ces derniers rejoignent en effet les rangs d’une communauté religieuse qui pratique le catholicisme de façon radicale, avec les dérapages qu’une telle foi aveugle peut entraîner.

PHOTO FOURNIE PAR K FILMS AMÉRIQUE

Affiche du film Les éblouis

Sarah Suco illustre avec délicatesse la dérive progressive dans laquelle la famille s’engage, sous l’égide d’un « Berger » (Jean-Pierre Darroussin) qui ne tolère aucune discussion qui remettrait en cause son autorité. Surtout, la cinéaste s’immisce avec justesse dans le cœur d’une jeune fille déchirée entre son amour pour ses parents et son instinct, grâce auquel elle tentera de sortir ses frères et sœurs d’un environnement aussi malsain.

Le récit se déploie de façon un peu plus lourde dans le dernier acte, mais Les éblouis annoncent assurément l’arrivée d’une cinéaste à suivre.

★★★½

Les éblouis, un drame de Sarah Suco. Avec Céleste Brunnquell, Camille Cottin, Éric Caravaca. 1 h 40

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