Ils sont de différents milieux et de différentes générations, mais ils partagent tous quelque chose : la dépendance. Aussi se réunissent-ils dans un climat de solidarité pour former une bande de vivants qui crient haut et fort qu’on s’en sort mieux à plusieurs que seul.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Un documentaire avec des comédiens. Voilà comment on pourrait résumer la démarche qu’emprunte pour ce film Fabienne Godet, une cinéaste qui, parallèlement à son apprentissage du cinéma, a travaillé dans le monde de la santé mentale. Dans ce quatrième long métrage, la réalisatrice d’Une place sur la Terre explore cette fois le monde de la toxicomanie et des dépendances de toutes natures en prenant pour cadre un centre de désintoxication.

Souhaitant atteindre le plus haut degré de réalisme, la réalisatrice a nourri son récit d’interviews réalisées pendant deux ans avec des gens participant à des thérapies de groupe. Elle a ensuite travaillé en ateliers avec sa troupe de comédiens avant le tournage.

Nos vies formidables fait partie de ces films humanistes qui ont aussi la nette volonté de faire œuvre utile. Même si l’évidence de cette ambition est parfois trop apparente, la réussite du film tient à une approche se concentrant d’abord et avant tout sur les liens qu’établissent les personnages entre eux – ils sont près d’une vingtaine – plutôt que dans les explications « psychologisantes ».

Il émane ainsi de l’ensemble une puissance qui, malgré les difficultés auxquelles font face les personnages, le fait résolument basculer du côté du désir de la vie. Étrangement, on sort de cette projection avec la même impression que nous laissait Ma vie de Courgette, ce remarquable film d’animation construit autour d’une bande d’enfants mal aimés. Parce qu’au bout du compte, il n’y a pas tant de différences entre petits et grands…