Portrait de quatre femmes architectes qui ont été des pionnières dans leur profession. Aujourd’hui, à l’âge où la majorité des gens écoulent une retraite heureuse, elles continuent à parler et à agir pour une planification urbaine harmonieuse.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

L’ouverture du film, avec sa musique jazzée des années 60, annonce que ses quatre protagonistes, des pionnières de l’architecture, ont commencé à travailler dans le domaine il y a plusieurs décennies.

C’est aussi à cette époque-là que les villes, encore happées dans la spirale de l’après-guerre et marquées par un haut taux de natalité, ont dû se réinventer. Leur croissance s’accélérant, il fallait éviter les pièges de construire n’importe quoi n’importe où.

C’est ici que les quatre rêveuses de villes du titre ont tenté d’intervenir, chacune à sa façon, avec des victoires et des échecs. Phyllis Lambert résume la constante qui les définit en disant : « Je vois le potentiel de la ville. »

Joseph Hillel a très bien saisi ce travail, souvent devenu une lutte. Comme lorsque Blanche Lemco van Ginkel s’est opposée farouchement à la construction d’une autoroute surélevée au-dessus de la rue de la Commune, ce qui aurait massacré le tissu urbain du Vieux-Montréal.

Avec un mélange d’images anciennes et actuelles, le réalisateur aborde les luttes parallèles de ces femmes en faveur de l’harmonie urbaine ainsi que pour se tailler une place dans une profession alors pratiquement réservée aux hommes.

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Rêveuses de villes

L’auteur aurait pu faire preuve d’un regard plus critique à l’occasion. Prenons l’exemple du projet d’autoroute dans le Vieux-Montréal, remplacé par l’autoroute 720. Il s’abstient de dire que la 720 n’est pas non plus un joyau. Il aurait pu aussi s’intéresser à la place des femmes dans l’architecture aujourd’hui.

Hillel n’en signe pas moins un hommage réussi au travail de quatre architectes qui ont contribué à inoculer du beau dans le paysage urbain de l’Amérique du Nord.

★★★½ Rêveuses de villes. Documentaire de Joseph Hillel. Avec Phyllis Lambert, Cornelia Hahn Oberlander, Denise Scott Brown et Blanche Lemco van Ginkel. 1 h 20.

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