Le consommateur a tous les outils à sa disposition pour faire un bon achat. Il les utilise cependant encore trop rarement. Dans un marché où l’offre peine à satisfaire la demande, il se sent aujourd’hui si pressé qu’il en oublie les vérifications les plus élémentaires.

Publié le 13 avril
Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Les vendeurs ont beau jeu : « Ce sera toi, ou bien un autre. » Réponse parfaite pour ne pas avoir à se plier à une inspection technique, à faire face à des questions trop pointues ou à négocier le prix.

Cet empressement à vouloir conclure la transaction au pas de course invite parfois le consommateur à prendre d’imprudents raccourcis. Comme rendre visite au véhicule rêvé à la tombée de la nuit, où il lui sera impossible de constater l’état réel de la carrosserie. Encore moins de vérifier le bon fonctionnement des divers accessoires. Tout au plus parviendra-t-il à survoler les organes mécaniques et les éléments structurels à l’aide d’une lampe de poche.

Bâtons dans les roues

« Petit rappel amical, un autre client intéressé doit se pointer dans les 30 minutes », indique poliment le vendeur. Mais celui-ci n’a pas souvenir du dernier entretien fait sur le véhicule. Et l’essai routier ? Toutes les excuses sont bonnes (phare brûlé, pas assez d’essence dans le réservoir, batterie à plat, etc.) pour vous limiter « au tour du bloc ». Loin des 10 km (un minimum) nécessaires pour évaluer les performances d’un véhicule sur des parcours divers.

Des contraintes qui ne donnent pas le temps de vérifier non plus si le véhicule est assujetti à un droit de nantissement auprès du Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM). Encore moins de connaître son historique en obtenant un rapport de Carfax. C’est à prendre ou à laisser !

« J’ai abandonné plus d’une fois », raconte Julie Rocheleau, avant de trouver la fourgonnette dont elle rêvait.

Le processus d’achat ressemble à une course contre la montre. Tu dois arriver le premier et surtout ne pas poser trop de questions.

Julie Rocheleau, qui a récemment acheté un véhicule

« Plusieurs occasions m’ont glissé entre les doigts, mais à la réflexion, c’est mieux ainsi. Je n’étais pas en confiance, je me sentais bousculée. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Une inspection coûte une centaine de dollars. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Les bons gestes

Pareilles pressions incitent à la plus grande prudence. Dans le cas d’un véhicule d’occasion, même récent et garanti, une vérification mécanique s’impose. L’idée consiste à obtenir le point de vue d’un technicien neutre et compétent. Une telle inspection coûte une centaine de dollars. En retour, celui-ci vous fournira un rapport écrit détaillé sur les petits secrets de votre future (?) conquête. De l’étanchéité des durites à l’usure des plaquettes de frein en passant par l’état des billettes de direction. Le technicien pourrait en avoir long à vous raconter.

Le temps presse et de nouveaux entrepreneurs l’ont compris en créant des unités mobiles de vérification. Connue sous le nom de Kiwiz, cette organisation regroupe des techniciens qualifiés en mesure d’inspecter dans les 48 heures le véhicule convoité, et ce, aussi bien au domicile d’un particulier que chez un commerçant. Un service qui s’accompagne d’un bilan de santé détaillé avec le coût potentiel des réparations et entretiens à effectuer. Le tout, assorti de pertinentes observations.

Le consommateur peut également faire affaire avec le réseau de garages recommandés d’organismes comme l’Association pour la protection des automobilistes (APA) ou encore le club automobile CAA-Québec. Toujours utile si un technicien de confiance ne figure pas dans votre carnet d’adresses.