Ces dernières années, la Malibu interprète consciencieusement la partition de la berline américaine classique, fiable et efficace, mais pas vraiment guillerette. La précédente génération, apparue en 2013, n'a pas donné de frisson aux consommateurs. Seulement aux parcs d'autos d'entreprises et d'agences de location à court terme. Pour 2016, la Malibu affiche une certaine forme d'élégance. Cela lui réussit-il ?

Éric LeFrançois LA PRESSE

C'est de profil qu'il faut appréhender la Malibu. Celui-ci est étiré, rythmé par des montants formant des arches, avec une ligne de toit tendue comme un arc et des surfaces vitrées si pincées qu'elles entravent la visibilité. Le couvercle du coffre s'inscrit dans l'exact prolongement de la lunette arrière, et les portières donnent de l'élégance à cette berline américaine.

Style hardi

En découvrant sa silhouette surlignée à grand renfort de chrome, on se dit qu'une telle hardiesse n'était pas forcément attendue de la part d'une marque qui, ces dernières années, ne s'est pas distinguée par ses choix esthétiques.

On s'étonne, en revanche, face à la popularité dont jouissent actuellement les utilitaires et au déclin progressif des berlines dites « traditionnelles », que les stylistes n'aient pas poussé l'audace jusqu'à dessiner un hayon, à l'image des Audi A7 et BMW Série GranCoupe. Cela aurait assurément ajouté un élément fonctionnel supplémentaire à cette carrosserie qui, en dépit de sa longueur et de son empattement accrus, affiche un volume utilitaire de 15 L inférieur à celui du modèle que ce véhicule remplace.

La Malibu a tenu à conserver des dimensions généreuses pour offrir aux passagers un espace habitable largement revu à la hausse. Souvent critiquée pour son manque de dégagement aux places arrière, elle ne prête donc plus le flanc à ce genre de reproche.

De la place pour les jambes

On peut étirer les jambes à loisir et tenir à deux sans trop de difficulté. À l'avant, la marque américaine est parvenue à concevoir un habitacle où l'aspect quantitatif et qualitatif atteint un bel équilibre, mais exhale toujours une insondable langueur. Certes, les formes sont plus modernes, moins massives, les revêtements intérieurs, plus valorisants, et les agencements de couleurs, plus uniformes qu'autrefois.

Difficile de reprocher quoi que ce soit à la convivialité de l'interface mise au point par Chevrolet en matière de connectivité. C'est simple, rapide et efficace. Idem pour l'internet offert qui permet à tous les occupants de surfer sur la Toile moyennant un débours de quelque 20 $ par mois. En revanche, la navigation pour activer, désactiver ou encore modifier certains paramètres intégrés à même l'ordinateur de bord demeure inutilement compliquée.

Fonction Ado

Et l'ajout d'une fonction « Ado » n'arrange pas les choses. Celle-ci, protégée par un code (un autre à retenir), vise à vous renseigner sur les « fautes » de conduite des jeunes conducteurs qui prendront le volant.

Ce système consigne notamment les vitesses atteintes, le nombre de fois que le système antiblocage des freins a été engagé (ou tout autre dispositif de sécurité) ainsi que le nombre de kilomètres parcourus. 

Par rapport au modèle précédent, la nomenclature de la gamme demeure sensiblement la même. La déclinaison haut de gamme LTZ est remplacée par une autre appelée « Premier ». Cette dernière comporte toutes les avancées de la marque en matière de confort et de sécurité en plus d'inaugurer - une première pour la Malibu - des baquets avant ventilés (oui, ils sont aussi chauffants). 

La finition est sérieuse, mais l'assemblage est apparu inégal entre les deux versions essayées. À cela s'ajoute une qualité acoustique perfectible, surtout à l'arrière (puits de roue et coffre).

Sans histoire

Au-delà des accessoires, il y a la mécanique et la Premier est la seule à cacher sous son capot un quatre-cylindres 2 L turbo jumelé à une boîte automatique à huit rapports. Toutes les autres ont droit à un 1,5 L (vous avez bien lu) suralimenté lui aussi, auquel s'arrime une transmission à six rapports. Lequel de ces deux groupes propulseurs offre le plus de satisfaction ? 

Au risque de vous surprendre : le 1,5 L.

Rivé à un châssis plus léger (67 kg), ce 1,5 L concède sans doute 87 chevaux et 74 lb-pi de couple au 2 L, mais son rendement sied parfaitement à la nature paisible de cette berline. L'accélération n'a rien de foudroyant (0-100 km/h en 8,3 secondes), mais qui va s'en plaindre au vu des gains réalisés en consommation (1,5 L/100 km) par rapport au 2 L. 

En dépit d'un léger temps de réponse, ce 1,5 L procure des reprises adéquates et est correctement épaulé par une transmission efficace et techniquement éprouvée. Naturellement, le 2 L offre une poussée plus solide en retranchant près de 2 secondes au temps d'accélération mesuré avec le 1,5 L, mais cela se paie à la pompe.

À noter qu'une version hybride figure également au catalogue et qu'elle sera commercialisée au cours des prochains jours. Hélas, elle n'est pas de type rechargeable, comme l'est la Fusion Energi de Ford, par exemple.

Majestueuse et encombrante

Majestueuse mais tout de même encombrante, cette Chevrolet n'est pas une auto que l'on quitte à regret au terme d'une promenade plus ou moins longue. Un commentaire qui s'applique à pratiquement l'ensemble de la catégorie. Cela témoigne visiblement d'une chose : l'agrément de conduite dans sa définition la plus pure ne figure pas (ou plus) au sommet des critères recherchés par les acheteurs.

Ces derniers ne sourcilleront donc pas à lire que la conduite d'une Malibu n'a rien de bien excitant à proprement dit. Comprenons-nous bien, elle est homogène, mais ne brille en rien. La direction manque de ressenti et la suspension gagnerait à faire preuve d'un peu plus de souplesse à basse vitesse pour mieux adoucir les irrégularités de la chaussée. Cette particularité s'observe davantage sur la « Premier » équipée de la monte pneumatique de 19 po, laquelle ne procure aucun réel avantage. Que des inconvénients. 

Hormis la version hybride, la version LT de la Malibu apparaît comme le meilleur choix de la gamme en matière de performances (dans un sens large) et de confort (roues de 17 po et un rayon d'accessoires optionnels bien garni). Par rapport à la concurrence et en tenant compte des attentes actuelles des consommateurs, il s'agit assurément d'une des meilleures offres sur le marché. L'une des plus élégantes, aussi.

Fiche technique

L'ESSENTIEL

Marque/Modèle : Chevrolet Malibu

Chez les concessionnaires : Maintenant

Fourchette de prix : de 21 745 $ à 32 045 $

Frais de transport, de préparation et du concessionnaire : 2000 $

Garantie de base : 3 ans / 60 000 km

Consommation réelle : 10,2 L/100 km

Pour en savoir plus : www.gmcanada.com

Concurrentes à considérer : Hyundai Sonata, Toyota Camry, Volkswagen Passat

TECHNIQUE 

Moteur : L4 DACT 2 litres turbo

Puissance : 250 ch à 6300 tr/min 

Couple : 258 lb-pi entre 1900 et 4500 tr/min

Poids : 1536 kg

Rapport poids/puissance : 6,144 kg/ch

Mode : Traction

Transmission de série : Automatique 8 rapports

Transmission optionnelle : Aucune

Direction / Diamètre de braquage (m) : Crémaillère / 11,5 

Freins av-arr : Disque / Disque 

Pneus ( av-arr ) : 245/40R19

Capacité du réservoir / Essence recommandée : 60 / Super (1)

(1) recommandé, mais pas obligatoire 

ON AIME 

Plus d'espace pour les jambes à l'arrière 

Connectivité 

Moteur 1,5 litre 

ON AIME MOINS 

Interface compliquée 

Pneus de 19 pouces 

Conduite peu inspirante