Coup d’éclat à la première de Cher Tchekhov, jeudi soir au Théâtre du Nouveau Monde ! Une douzaine de jeunes comédien-nes (qui ne se sont pas identifiés) sont montés sur la scène avant le lever du rideau pour s’adresser au public. Ils avaient d’abord protesté dans le hall du TNM.

Publié le 6 mai
Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

Leur porte-parole a lu un texte pour affirmer que le « Théâtre du Nouveau Monde n’a plus rien de nouveau ». « Ce théâtre s’affaiblit de sa consanguinité de petit monde » ; et il ne fait plus que du « gentil divertissement pour une élite » ; le TNM est en train de « mourir coupé du peuple et de son originalité ». Puis de conclure en citant Jean-Pierre Ronfard : « La pratique vivante du théâtre impose de croire à la révolution permanente. »

Tout ça s’est fait poliment, avec l’accord du metteur en scène Serge Denoncourt (qui leur a donné le droit de parole en les présentant à l’avant-scène). Le groupe a quitté la salle en distribuant ses tracts, sous les applaudissements des spectateurs. La pièce a débuté avec 25 minutes de retard.

Après leur sortie, dans son message enregistré de bienvenue, la directrice du TNM, Lorraine Pintal, a aussi parlé d’entrer dans « un nouveau monde ». Ce qui a fait réagir spontanément le public.

La nouvelle pièce de Michel Tremblay, chaudement applaudi jeudi soir, met en scène un auteur qui s’interroge sur sa pertinence, son rapport à la jeune génération avide de nouveauté et de modernité. Tout est dans tout !