Après des semaines de délibération, le prestigieux festival de théâtre de Stratford, qui a lieu tous les étés depuis 67 ans dans cette petite communauté du sud-ouest de l’Ontario, a mis toute sa programmation de 2020 « sur pause », ont annoncé les organisateurs lundi dans un communiqué.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Alors qu’ils anticipent que les théâtres ne pourront pas rouvrir leurs portes avant l’an prochain, ils ont conclu qu’il était impossible de déplacer une partie de la programmation cet automne ou même pendant le temps des Fêtes sans mettre en jeu la santé du public.

« C’est terrible pour le festival et toute la ville de Stratford, a déclaré le directeur artistique du festival, Antoni Cimolino. Non seulement cela nous brise le cœur de voir tout ce travail perdu, mais l’impact économique sera aussi dévastateur. Le festival est une locomotive pour la région et ses retombées économiques sont de 135 millions chaque année. Des milliers de personnes et des centaines d’entreprises en dépendent. »

Il souligne d’ailleurs cette ironie que le Festival avait été créé en 1953 pour « répondre à un désastre économique », et que sa fermeture à cause de la pandémie sera tout aussi dévastatrice pour l’économie de la région.

« Nous nous sentons terriblement responsables, mais tout cela est complètement en dehors de notre contrôle. »

Le festival devait inaugurer cet été le nouveau théâtre Tom Patterson, à l’occasion du centième anniversaire de naissance de son fondateur. Une quinzaine de pièces réunissant environ150 acteurs, dont Richard III incarné par Colm Feore, devaient être présentées dans un de ses quatre théâtres.

« Nous avons conclu qu’à cause de la proximité entre les spectateurs, mais aussi entre les comédiens sur une scène, le théâtre sera probablement le dernier secteur à se remettre de la pandémie », a dit Antoni Cimolino.

« Aussi, a-t-il ajouté, alors qu’un vaccin et un médicament pourront guérir les gens, ce qui guérira la société, au bout du compte, ce sera les arts. Nous espérons très fort que revienne ce temps où nous pourrons nous réunir, pour, comme écrivait Shakespeare, « vivre, et prier, et chanter, et raconter de vieilles histoires, et rire. »