Tous les mardis, La Presse présente les actualités de la semaine dans le monde du théâtre, de la danse et des spectacles à Montréal et au Québec. Premières, coups de coeur, spectacles en tournée et pièces à voir. La scène se passe ici et maintenant.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

Espace Libre à l’âge de la maturité

Avec un peu de retard sur l’échéancier initial, Geoffrey Gaquère va enfin rouvrir les portes d’Espace Libre cette semaine avec Histoire populaire et sensationnelle. Pour ses 40 ans, le théâtre de la rue Fullum, encore en travaux, s’est offert des rénovations majeures au coût de 2,3 millions de dollars. Les murs de l’édifice, la scène, la salle, les bureaux et les équipements ont été optimisés. Et la salle de répétition a été transformée en studio-théâtre pour accueillir le public. Dans le cadre des festivités du 40e anniversaire, la grande salle a été renommée Gravel-Ronfard en hommage à deux cofondateurs d’Espace Libre aujourd’hui disparus, Robert Gravel et Jean-Pierre Ronfard.

Le directeur artistique est heureux d’annoncer que le public augmente. « On est passé de 15 000 à 20 000 spectateurs par an depuis 2014. On est à une époque où la tendance mondiale est au repli sur soi. Il est important de montrer que l’art, en l’occurrence le théâtre, a un rôle à jouer dans la façon de rentrer en contact avec les autres. »

Selon le directeur, le lieu est bien ancré dans son milieu. « Sainte-Marie–Saint-Jacques est un des quartiers où il y a le plus d’organismes communautaires et sociaux au pays, dit M. Gaquère. Cela explique que tous nos projets qui impliquent la participation de résidants et de citoyens sont des succès. C’est un quartier qui est riche d’humanité et de cohésion sociale. Et Espace Libre veut être à son image. »

> Consultez le site du théâtre : http://espacelibre.qc.ca/

Éclipse : parole de Femmes libres

PHOTO YANICK MACDONALD, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DE QUAT’SOUS

Eve Duranceau, Laurence Dauphinais, Larissa Corriveau et Johanne Haberlin dans la pièce Éclipse

Avec Éclipse, une pièce sur l’œuvre poétique d’autrices en marge des légendaires poètes de la « Beat Generation », Marie Brassard et son quatuor d’actrices-créatrices signent un admirable ouvrage, un spectacle esthétiquement splendide à l’affiche du Quat’Sous depuis une semaine. Chapeau aux concepteurs Karl Lemieux (vidéo), Antonin Sorel (décor et costumes), Alexander MacSween (musique) et Sonoyo Nishikawa (éclairages), entre autres !

Toutefois, on aurait aimé plus d’ouverture dans la trame narrative et la mise en scène, afin de mieux entrer dans la proposition de Brassard, d’avoir un meilleur accès à cet univers dense et radical. Ouverture qu’on observe au début de la représentation, avec les confidences des quatre actrices, et qui est complètement mise de côté par la suite.

Alors, la proposition devient un peu hermétique, et ressemble à une messe solennelle pour femmes poètes disparues, toutes sacrifiées sur l’autel du « boys club » de l’époque.

Si la poésie de ces femmes oubliées par l’histoire littéraire vous indiffère, Éclipse vous laissera de glace. Au contraire, si le sort et la parole de ces femmes libres, très lucides, vous importent, vous sortirez du Quat’Sous transporté, voire chaviré !

★★★½

Éclipse. Une création de Marie Brassard, avec Larissa Corriveau, Laurence Dauphinais, Eve Duranceau et Johanne Haberlin. Au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 15 février.

> Consultez la page de la pièce : https://www.quatsous.com/spectacles/eclipse

Festival : de grands maîtres au FTA !

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

La chorégraphe et danseuse Louise Lecavalier présentera le solo Stations, à l’Usine C, dans le cadre du FTA.

Le retour du grand maître Peter Brook, deux nouvelles pièces des créatrices québécoises Louise Lecavalier et Marie Brassard, et une œuvre chorégraphique et musicale « majeure » du Français François Chaignaud : le festival TransAmériques a annoncé lundi quatre nouveaux spectacles qui feront partie de sa programmation, au printemps prochain.

La chorégraphe et danseuse Louise Lecavalier proposera un solo, Stations, à l’Usine C, qui sera créé à Düsseldorf en février 2020. De son côté, Marie Brassard renoue avec sa passion pour le Japon, dans Violence — « son projet le plus ambitieux à ce jour », et pour lequel elle collabore avec des créatrices contemporaines japonaises. Son spectacle sera d’abord créé au Japon, à Kinosaki et à Tokyo, puis présenté au FTA à l’Usine C.

Sur la scène du Monument-National, les festivaliers pourront voir Why ?, un spectacle produit par le Théâtre des Bouffes du Nord de Peter Brook. Le légendaire metteur en scène, qui aura 95 ans en mars prochain, est de retour au FTA après 20 ans d’absence. Il cosigne avec Marie-Hélène Estienne cette pièce « aux allures testamentaires ». Ce spectacle « à saveur de manifeste » sera aussi présenté au Diamant à Québec, les 27 et 28 mai, dans le cadre du Carrefour international de théâtre. « Peter Brook est l’un des plus importants metteurs en scène de notre époque. Sa pratique et ses écrits ont transformé en profondeur le théâtre contemporain », avance Marie Gignac, directrice artistique du Carrefour.

Enfin, François Chaignaud est de retour au FTA dans Romances Inciertos, un autre Orlando. Le danseur incarnera trois figures androgynes ou travesties tirées du folklore espagnol qui renaissent dans un concert chorégraphique sur une musique baroque signée Nino Laisné.

Ces quatre spectacles s’ajoutent à Requiem pour L. de Fabrizio Cassol et Alain Platel, annoncé en décembre dernier. La 14e édition du FTA se tiendra du 20 mai au 3 juin. Les billets à l’unité sont en vente dès maintenant.

> Consultez le site du festival : http://fta.ca/

Quartett Solo : il est Madame de Tourvel

PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE INDÉPENDANT

Charles Voyer dans la pièce Quartett Solo

Le comédien et metteur en scène Charles Voyer s’attaque, seul sur scène, à un des classiques du théâtre contemporain, Quartett du dramaturge allemand Heiner Müller, une pièce qui se veut elle-même une relecture radicale des Liaisons dangereuses de Laclos. Dans cette « version mutilée », Voyer s’attarde au destin d’un personnage secondaire, soit Madame de Tourvel, cette épouse fidèle déchirée entre ses convictions et son amour pour le vicomte de Valmont. Ici, la guerre des sexes devient une guerre intérieure pour Madame de Tourvel, captive de ses souvenirs. Trouvera-t-elle la rédemption, condamnée qu’elle est à se rejouer, encore et encore, le moment de sa chute ? 

Quartett Solo. À la salle intime du Prospero, du 28 janvier au 15 février.

> Consultez la page de la pièce : https://theatreprospero.com/spectacle/quartett-solo/

Concert : la Los Angeles Master Chorale a cappella

PHOTO TAO RUSPOLI & MARIE NOORBERGEN, FOURNIE PAR LA PLACE DES ARTS

Lagrime di San Pietro de la Los Angeles Master Chorale sera présenté le 30 janvier à la Maison symphonique.

Lagrime di San Pietro de la Los Angeles Master Chorale sera présenté le 30 janvier à la Maison symphonique de la Place des Arts. Le spectacle est mis en scène par l’Américain Peter Sellars, reconnu pour ses créations dans le milieu de l’opéra. Il propose ici sa première création sur une œuvre a cappella, un spectacle de chant choral épuré où les voix et les corps s’allient dans un seul mouvement chorégraphié. « Les 21 chanteurs de la chorale californienne transforment ce chef-d’œuvre de la Renaissance en une performance chargée d’émotions », dit le communiqué de presse.

Lagrime di San Pietro. À la Maison symphonique, le 30 janvier.

> Consultez la page du concert : https://placedesarts.com/fr/evenement/los-angeles-master-chorale-lagrime-di-san-pietro

Spoken word : combattre le chaos par les mots

PHOTO JULIE ARTACHO, FOURNIE PAR LA CHAPELLE

La slameuse et poétesse Queen Ka

La slameuse et poétesse Queen Ka arrive au théâtre La Chapelle avec un tout nouveau spectacle intitulé Si je reste. Accompagnée des musiciens Blaise Borböen Léonard et Stéphane Leclerc, Queen Ka raconte, dans ses mots vifs et incisifs, l’histoire d’une femme qui décide de faire face au chaos dont elle est responsable. Pour comprendre comment elle en est arrivée là — et pour arriver, peut-être, à se reconstruire —, elle retrace le parcours miné qui est le sien. Un voyage poétique et musical à travers nos responsabilités sociales, nos peurs, nos contradictions et notre lassitude devant l’état du monde.

> Consultez la page du spectacle : https://lachapelle.org/fr/programmation/si-je-reste

Si je reste. Au théâtre La Chapelle, le 28, 30 et 31 janvier ainsi que les 3 et 4 février.