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Trip de gang sur scène!

Pour souligner en grand les 30 ans du... (Photo fournie par le Théâtre de l'Opsis)

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Pour souligner en grand les 30 ans du Théâtre de l'Opsis, Luce Pelletier a choisi de monter une pièce avec 30 comédiens.

Photo fournie par le Théâtre de l'Opsis

La réalité économique étant ce qu'elle est, le nombre d'acteurs sur scène dépasse rarement le cap de la dizaine. Et encore, on ne compte plus les spectacles solos de comédiens qui s'autoproduisent. Pourtant, cette saison, on verra au moins 5 productions réunissant chacune plus de 20 acteurs. La Presse fait le point sur ces pièces d'exception.

La directrice artistique du Théâtre de l'Opsis, Luce Pelletier, voulait souligner en grand les 30 ans de sa compagnie. Pour marquer le coup, elle a choisi de monter une pièce avec 30 comédiens. « Je voulais que ce soit une fête sur scène ! », précise-t-elle.

Son choix s'est arrêté sur une pièce de théâtre qu'elle a vue à Moscou en 1999, Le vertige, qui fait le récit d'une résistante russe du nom d'Evguénia Guinzbourg, interprétée par Louise Cardinal, emprisonnée en 1937 sous le régime répressif de Joseph Staline.

« La pièce compte 40 personnages, nous dit Luce Pelletier, mais on a décidé de la faire à 30. C'est sûr que l'image est plus forte lorsqu'on parvient à montrer 15 personnes dans une cellule de quatre lits (ce qui était le cas). »

« J'avais aussi besoin de travailler avec un groupe, poursuit Luce Pelletier. Avec les baisses de subventions, on dirait qu'on n'a plus d'objectifs. C'est morose. À un moment donné, tu n'as plus envie d'être raisonnable, tu as envie de faire des folies. »

Évidemment, cette superproduction a un coût. Au lieu des deux pièces qu'elle crée chaque saison, Luce Pelletier n'en fera qu'une seule.

« C'est plus rare pour une compagnie qui n'est pas un lieu institutionnel de vieillir comme l'Opsis, ajoute-t-elle. Normalement, on n'a pas les moyens de faire des pièces comme ça. Mais parfois, on est tanné de ne pas avoir les moyens et on le fait ! »

Quarante-trois pour Trois

Autre exemple : celui de la trilogie de Mani Soleymanlou (Un, Deux, Trois), qui réunit 43 acteurs dans le troisième volet. Des comédiens qui ont tous été payés, note au passage l'auteur et comédien d'origine iranienne, qui dirige la compagnie Orange noyée.

Encore une fois, le nombre avait une justification artistique. Mani Soleymanlou souhaitant montrer qu'il n'était pas seul à vivre une quête identitaire. Son but était justement de « s'effacer dans la masse ».

Le rapport de l'individu avec la collectivité était donc capital. L'effet n'aurait évidemment pas été le même avec huit acteurs, par exemple.

Richard III

Coproduite par le CNA et le TNM, la pièce de Shakespeare comptera 20 comédiens le printemps prochain. Le projet a été initié par la compagnie Sibyllines de Brigitte Haentjens, qui signe la mise en scène.

« Dans ce cas, le nombre d'acteurs est imposé par la pièce de Shakespeare, nous dit Brigitte Haentjens. Mais il y a aussi la notion de la foule sur scène, celle du citoyen sur scène ou du choeur ; l'idée de représenter l'humanité. Dans Richard III, le rapport entre l'individu et le peuple est vraiment intéressant. »

La directrice artistique du théâtre français du CNA n'en est pas à sa première superproduction. En 2006, elle a créé le spectacle Tout comme elle, de Louise Dupré, qui explorait la relation mère-fille. La pièce comptait 50 comédiennes. Il y a deux ans, elle a aussi créé L'Opéra de Quat'Sous de Brecht avec 20 comédiens.

Financièrement, ce n'est évidemment pas rentable. « Dans Tout comme elle, j'ai dû offrir le tarif minimal de l'UDA aux artistes, se souvient Brigitte Haentjens. On ne peut pas faire ça dans un théâtre institutionnel. En plus, j'avais des comédiennes d'expérience comme Michelle Rossignol, Andrée Lachapelle... Elles ont quand même accepté. »

Sortir du cadre

Comme le fait remarquer le conseiller dramaturgique du Centre des auteurs dramatiques (CEAD), Paul Lefebvre, ce sont rarement les grandes institutions qui entreprennent ces projets à grand déploiement. On n'a qu'à penser à la pièce Chante avec moi, d'Olivier Choinière, qui a réuni 50 acteurs sur scène il y a quatre ans, ou à Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent de Loui Mauffette, qui regroupe chaque année 24 interprètes.

Le dramaturge travaille d'ailleurs à un autre happening théâtral avec ses 26 lettres : l'abécédaire des mots en perte de sens, qui sera créé en décembre avec 26 auteurs-interprètes.

« Il faut être très riche ou très pauvre pour créer des spectacles à grand déploiement, lance-t-il. Dans les années 60, le nombre d'acteurs sous contrat était élevé dans les théâtres institutionnels. Ce n'est plus le cas. Pourtant, le nombre d'acteurs sur scène est porteur de sens. Aujourd'hui, je pense que les auteurs et les metteurs en scène en ont marre de créer des pièces pour quatre personnages. »

De temps à autre, les théâtres institutionnels y vont d'une superproduction, comme Cyrano de Bergerac et ses 20 comédiens menés par Patrice Robitaille au TNM cet été. Un spectacle coproduit par le festival Juste pour rire, sans qui le projet n'aurait pas vu le jour.

En dépit du coût élevé d'une production à 20 acteurs et plus, la directrice artistique du TNM, Lorraine Pintal, insiste pour programmer au moins une pièce « de 15 à 22 acteurs » par saison. Ce fut le cas notamment du Bourgeois gentilhomme ou de L'Opéra de Quat'Sous - la version de Robert Bellefeuille.

« C'est une façon de signaler que malgré notre sous-financement, on ne va pas se priver de monter un Brecht ou une tragédie grecque, dit-elle. On veut préserver cette force d'emploi. C'est un rôle que le TNM veut jouer dans la société », affirme Lorraine Pintal, qui met sous contrat une soixantaine d'artistes chaque année.

« Vous savez, dans Cyrano, il y avait au moins une dizaine d'acteurs de la relève qui côtoyaient des acteurs d'expérience. C'est important d'avoir des distributions intergénérationnelles pour préserver la tradition de la transmission. C'est comme ça que j'ai appris mon métier. »

DE GRANDES DISTRIBUTIONS

30 acteurs

Le vertige, d'Evguénia Guinzbourg

Jusqu'au 4 octobre à l'Espace Go

24 acteurs

Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, dirigé par Loui Mauffette

Du 12 au 14 septembre à la Cinquième Salle de la PdA

43 acteurs

Trois, précédée d'Un et de Deux, de Mani Soleymanlou

Du 30 septembre au 17 octobre au Théâtre d'Aujourd'hui

26 auteurs-acteurs

26 lettres : l'abécédaire des mots en perte de sens, d'Olivier Choinière

Les 10 et 11 décembre au Théâtre d'Aujourd'hui

20 acteurs

Richard III de Shakespeare

Du 10 mars au 4 avril 2015 au TNM




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