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Amours fatales: ménage à trois

Réal Bossé, Sylvie Moreau et Jean Asselin.... (Photo André Pichette, La Presse)

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Réal Bossé, Sylvie Moreau et Jean Asselin.

Photo André Pichette, La Presse

Après Shakespeare, la troupe Omnibus se frotte à la langue forte et sophistiquée de Racine. Non pas avec une, mais avec trois pièces du grand auteur dramatique français.

Dans l'ancienne caserne de pompiers, rue Fullum, que la troupe de théâtre corporel Omnibus partage avec deux autres compagnies d'avant-garde, le premier enchaînement d'Amours fatales vient de se terminer. Le journaliste doit patienter avant l'entrevue, car les notes données aux acteurs prennent plus de temps que d'habitude. Elles ne sont pas dictées par un... mais par trois metteurs en scène!

Depuis plus de 40 ans, Omnibus ne fait jamais les choses comme les autres. Cette fois, Jean Asselin propose de monter trois pièces de Racine par trois metteurs en scène, ce qui, selon lui, simplifie les choses. «Rien n'est impossible avec la création. Surtout, lorsque ses artisans se font confiance et s'entendent à merveille.»

Jean Asselin a choisi et adapté trois pièces de Racine, un «digest», afin de les insérer dans un spectacle de 90 minutes. Il a confié Andromaque aux soins de Réal Bossé et a transposé l'action à l'ère préhistorique, dans un carré de terre. Sylvie Moreau dirige Bajazet qui se jouera sur des tapis persans dans un palais de Constantinople, au XVIIe siècle. Puis, Asselin s'est gardé Bérénice qu'il transporte à notre époque, à Rome, dans une scénographie minimaliste: un carré de marbre de deux mètres sur deux mètres.

Les trois metteurs en scène ont travaillé séparément avec les mêmes acteurs (Pascal Contamine, Kathleen Fortin, Gaétan Nadeau, Marie Lefebvre et Charles Préfontaine). Leur défi? Représenter la langue hautement sophistiquée de Racine en faisant ressortir «ses propos et ses enjeux très simples»: le désir, la passion, les contradictions de l'amour et du pouvoir. «Or, les corps peuvent transposer ces deux états extrêmes dans un langage scénique clair», croit Asselin.

Maître ancien

En 1988, Jean Asselin a enseigné à Sylvie Moreau et à Réal Bossé lorsqu'ils étudiaient en interprétation à l'UQAM. Depuis, les élèves ont souvent collaboré avec leur ancien maître. On les retrouve périodiquement dans des productions de la troupe de mime corporel.

«Nous avons développé une amitié importante en 25 ans, note Jean Asselin. Sylvie et Réal sont d'excellents interprètes, mais aussi des personnes très cultivées. Ils n'ont pas une culture de gens qui ne se salissent pas les genoux; ils sont dans la pratique et dans l'action. C'est un prérequis pour travailler chez nous.»

Qu'est-ce que deux acteurs de talent viennent chercher chez Omnibus qu'ils ne retrouvent pas ailleurs? «La pureté d'une approche, une philosophie de jeu, répond Sylvie Moreau. Il y a un lexique relié au travail du corps dans l'espace, du corps dramaturgique, que je retrouve uniquement chez Omnibus.»

Le mime et le policier!

En résumé, le mime nourrit constamment et partout l'acteur dans son métier. «Avec la méthode d'Omnibus, je trouve des solutions à mes problèmes d'acteur, poursuit Réal Bossé. Dans 19-2, par exemple, je suis parfois plus mime qu'acteur. Je dis à mon corps quoi faire pour réussir une cascade de police ou comment sortir de la voiture sans rester coincé dans le volant. Le mime m'aide, peu importe ce que je joue.»

Que voit-on en premier sur la scène? Un corps dans l'espace. Ce rapport entre le corps et l'espace reste la préoccupation première d'Omnibus. «L'idée du mime, ce n'est vraiment pas de récuser la voix de l'acteur, dit Asselin. C'est d'exprimer implicitement ce que la langue exprime explicitement.»

Réal Bossé relate une anecdote: «Ma mère me disait: «Organise-toi, avant que je t'organise!» Si un comédien ne prend pas soin de cet outil précieux, il ne maîtrise pas son métier. Souvent, un acteur est dans son émotivité, son intérieur. Or, l'intérieur reste mystérieux alors que le corps est concret. Mes douleurs dans la vie, ça reste mes blessures. Tandis que celles d'Oreste ou de Titus sont plus grandes que moi», conclut Bossé.

Du 11 février au 8 mars à Espace Libre.

***

Sylvie Moreau: Survol de 25 ans de carrière

Au cinéma:

À vos marques... Party 1 et 2 (2006/2008)

Familia (2005)

Les aimants, prix Jutra de la meilleure actrice de soutien (2004)

La bouteille (2001)

Post Mortem, prix Genie de la meilleure actrice dans un premier rôle (1998)

À la télévision:

LOL: -) (2010-2013)

Annie et ses hommes (2007-2009)

États-humains (2004-2007)

Catherine (1998-2003)

Dans une galaxie près de chez vous (1999-2001)

Majeur et vacciné (1995-1996)

Avec Omnibus:

Fatal d'après Henri VI de Shakespeare (2013)

Jabbarnack!(2012)

Burlesque (2008)

Les comédies barbares (1993)

Célestine là-bas près des tanneries au bord de la rivière (1990-1991)

Réal Bossé: Survol de 25 ans de carrière

Au cinéma:

Dans une galaxie près de chez vous I et II (2003/2007)

Continental, un film sans fusil (2006), prix Jutra du meilleur acteur de soutien

La bouteille (1999)

À la télévision:

LOL: -) (2010-2013)

19-2 (2010-2012)

États-Humains (2004-2007)

Le négociateur (2005-2007)

Dans une galaxie près de chez vous (1999-2001)

Avec Omnibus:

Jabbarnack! (2012)

Burlesque (2008)

Comédies barbares (1993)

Lear (1992)

La Célestine... (1990-1991)

Le cycle des rois (1988)




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