Après plus de 35 ans d'absence sur les planches, Michèle Richard fait son retour au théâtre dans Le spa des joyeux divorcés, une comédie burlesque écrite et mise en scène par Gilbert Turp.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

Michèle Richard joue le rôle d'Esther. Éternelle amoureuse, elle compte sept divorces à son actif et décide, avec l'aide de son ami avocat, de délester de 400 000$ son dernier conjoint qui vient de la quitter afin d'ouvrir un spa dans les Laurentides.

«C'est le personnage qui m'a donné envie de jouer dans cette pièce. Elle est sympathique et bohème et j'ai plein de points communs avec elle, même si je n'ai pas eu sept maris et que j'ai une belle sécurité émotive!»

Michèle Richard, dont les dernières expériences en tant que comédienne remontent à sa participation à Madame son père (1975) au théâtre, à La postière (1991) au grand écran et à Paparazzi (1997) à la télévision, a dû relever le défi de remonter sur scène.

«Ç'a été ardu, j'ai eu des cauchemars et tous mes collègues de travail sont devenus nerveux à cause de moi. Au dernier moment, j'ai levé la main et j'ai dit: «Woh!, attendez! Je ne suis pas capable d'apprendre tout ça.» On m'a suggéré une répétitrice professionnelle, Élisabeth Sirois, qui fait également partie de la distribution. Elle a été d'une générosité incroyable et m'a permis de faire des pas de géant. Mais je n'arrivais pas à me départir de mon cahier de répétition. La veille de la première, j'ai été horrible. J'ai fait peur à tout le monde, je reculais au lieu d'avancer. J'ai eu peur et j'ai fait peur à ma gang. Heureusement, Gilbert Turp a été d'une patience d'ange.»

Il s'agit de la deuxième incursion de Gilbert Turp dans le monde du théâtre d'été, mais de sa toute première expérience en tant qu'auteur de comédie burlesque.

«J'ai travaillé à la mise en scène d'une création originale au Théâtre Saint-Sauveur l'année dernière, et ils m'ont demandé de remonter une pièce cette année. L'été, on présente surtout des adaptations de pièces américaines traduites. Mais l'humour au Québec existe et on est capables d'en faire. Je ne trouvais pas de création et un soir, je me suis dit qu'il valait mieux l'écrire moi-même. Cette nuit-là, j'ai rêvé cette histoire. Si quelqu'un m'avait dit que j'allais écrire un vaudeville un jour, je ne l'aurais jamais cru! C'est un vaudeville qui se souvient de l'époque burlesque québécoise. Moi, j'écoutais Cré Basile et Moi et l'autre et c'est cet humour savoureux et authentiquement populaire qui m'a servi dans l'écriture de la pièce, tout en me souciant de garder de l'humanité.»

Philippe Riopelle, propriétaire du Théâtre Sainte-Adèle, a ensuite proposé le rôle principal à sa voisine et amie, Michèle Richard.

«Elle n'a même pas besoin de jouer, car les éléments de la vie du personnage lui vont très bien. C'est un rôle sur mesure pour Michèle et elle a réussi à teinter le personnage de sa personnalité», explique le metteur en scène.

«Tout passe par l'instinct chez Michèle. C'est ça la différence entre les comédiens et les artistes qui viennent des variétés. Ils apprennent le métier en faisant de la scène. C'est précieux, car quand on a l'habitude du public, on est capable de jouer, il suffit de trouver notre langage. Ç'a été notre difficulté entre Michèle et moi; elle me trouvait très intellectuel», ajoute-t-il en riant.

«Maintenant, Michèle est transparente pour moi. C'était exigeant, et pour elle et pour nous, mais quand on a trouvé le point où ç'a accroché, on était en business!», a conclu Gilbert Turp.

Le spa des joyeux divorcés, au Théâtre Sainte-Adèle. Texte et mise en scène de Gilbert Turp. Avec Charles Dauphinais, Caroline Bouchard, Élisabeth Sirois, Harry Standjofski et Michèle Richard.