Groupe ! Il reste trois semaines avant le retour des programmations d’automne sur les grandes chaînes de télé québécoises.

Publié le 23 août

Groupe ! Il reste donc trois semaines pour rattraper et dévorer des séries qui ont brillé sur le radar télévisuel estival. Voici quelques suggestions d’émissions à croquer avant de crouler sous les nouveautés de la rentrée (oui, ça rime et c’était voulu, bon).

La deuxième saison d’Industry (L’industrie), offerte en français et en anglais sur la plateforme Crave, est géniale. Est-ce que l’on comprend tout son langage opaque à propos de transactions qui s’effectuent sur le plancher d’une puissante banque d’investissements ? Non, vraiment pas. Les personnages parleraient en klingon – ou en langue du Cirque du Soleil – que ça sonnerait du pareil au même.

Bling, il faut vendre tel fonds étranger en bitcoins, alegria, c’est « short » sur le marché japonais des devises, kooza, un bloc d’actions se libère dans une fintech de capitalisation spéculative.

Du charabia économique indéchiffrable, qui ne rebute étonnamment pas. À la fin de chacun des épisodes, la compulsion nous pousse à déclencher le prochain, et le suivant, et l’autre suivant.

Le cœur battant d’Industry, qui loge au carrefour de Succession, Billions et Euphoria, ce sont les motivations qui animent ces jeunes (et moins jeunes) requins de la City londonienne. Jusqu’où se commettront-ils pour recruter des clients aux poches profondes ? Très loin. Autant dans la drogue, l’épuisement professionnel, la séduction, les crises de panique que dans le sexe, évidemment.

Ce milieu de la finance féroce broie les plus faibles et pulvérise les amitiés, dont celle entre les deux héroïnes, Yasmin et Harper. Les lignes de cocaïne s’étirent plus loin que Matane et Bâton-Rouge. Et un petit mardi soir tranquille se transforme en fête arrosée où se croisent toujours de potentiels riches investisseurs. Dans Industry, le travail n’arrête jamais et avale tout, surtout à l’extérieur du 9 à 5.

PHOTO BARBARA NITKE, FOURNIE PAR NETFLIX

Neil Patrick Harris incarne le personnage de Michael Lawson dans la série Uncoupled. On le voit ici avec Peter Porte, dans le rôle de Josh.

Sur Netflix, la comédie Uncoupled, ou Découplé, en version française, propose un sympathique divertissement à la Sex and the City, mais dans l’univers des célibataires gais de New York. Neil Patrick Harris, le Barney de How I Met Your Mother, y campe l’agent immobilier Michael, que son conjoint largue, sans avertissement, après 17 ans de vie commune. Cette rupture inattendue démolit notre bon Michael, qui ne sait pas comment draguer à l’ère de Grindr, Tinder et des photos de pénis non sollicitées.

On ne se fera pas de cachette ici : Michael est essentiellement la version masculine de Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker), un quadragénaire la fois comique, égoïste, brillant et champion de l’autodépréciation.

La recette de Sex and the City s’applique également aux bons amis qui entourent Michael. Il y a Billy le présentateur de météo accro au sexe avec des hommes plus jeunes (allô Samantha). Il y a Stanley le marchand d’art intello et romantique (bonjour Charlotte). Et il y a l’associée de Michael, Suzanne, une femme à la langue bien pendue qui distille toujours des conseils d’une honnêteté tranchante (salut Miranda).

Par contre, les dialogues d’Uncoupled n’atteignent pas la vivacité et l’intelligence de ceux de Sex and the City, qui demeurent la référence, 20 ans plus tard, dans le créneau des comédies romantiques pour adultes.

Uncoupled produit un effet similaire à celui d’Emily in Paris (du même producteur, Darren Star) : on sait pertinemment qu’il ne s’agit pas de grande télévision, mais on regarde pour les vêtements chics, les beaux appartements, pour se rendre compte qu’on a engouffré les 8 épisodes de 30 minutes.

Un des personnages les plus intéressants d’Uncoupled s’appelle Claire Lewis (excellente Marcia Gay Harden). Le mari de Claire l’a remplacée par une autre, plus jeune, plus ferme, ce que Claire ne digère pas. Snob, hautaine et difficile d’approche, Claire devra survivre dans la jungle du célibat de Manhattan et elle nouera une relation, professionnelle et amicale, pas nécessairement saine, avec Michael. Le dernier épisode ouvre la porte (du penthouse) à une suite, que Netflix n’a pas encore confirmée.

Chez Amazon Prime, la série estivale par excellence se nomme L’été où je suis devenue jolie, The Summer I Turned Pretty, en version anglaise. Une histoire de romance adolescente, profonde, complexe et touchante, qui s’enracine sur une plage de la côte est américaine.

Sur l’Extra de Tou.tv, ne vous gênez pas pour attaquer Larry ou Cerebrum 2. Profitez de cette accalmie avant que le tsunami de la rentrée se déverse sur nos écrans.

Qui débattra sur Noovo ?

En plus de Marie-Christine Bergeron, qui s’empare lundi des manettes du Fil de 17 h, Noovo Info concocte présentement le retour des débats de fin de soirée. Date du premier affrontement ? Le lundi 12 septembre à 22 h 30, tout de suite après le Fil de 22 h piloté par Michel Bherer.

PHOTO FRANÇOIS PERRAS, FOURNIE PAR NOOVO

Le chef d’antenne Michel Bherer animera les débats de fin de soirée à Noovo.

Ces joutes verbales se dérouleront en direct des studios de Bell Média, au coin de René-Lévesque et Papineau, à Montréal, et c’est le chef d’antenne Michel Bherer qui y dirigera la circulation.

Selon mes infos, quatre débatteurs croiseront le fer du lundi au jeudi, pendant 30 minutes. Parmi la banque de collaborateurs, on retrouve l’homme d’affaires François Lambert, l’auteure Geneviève Pettersen, le collègue Yves Boisvert, l’urgentologue Alain Vadeboncœur, l’analyste Antonine Yaccarini, l’humoriste Alex Perron, l’avocate Anne-France Goldwater, la commentatrice Valérie Beaudoin, le chroniqueur Meeker Guerrier, la stratège Deborah Cherenfant et la journaliste Toula Drimonis.

Qui donnera le mieux son 110 %, croyez-vous ?