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Se renouveler et innover pour avancer

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Portrait de Sylvie Cloutier, pdg Conseil de la transformation agroalimentaire

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Josianne Haspeck

Collaboration spéciale

La Presse

Malgré une baisse de 1,3 % de ses livraisons manufacturières, l'industrie de la transformation bioalimentaire du Québec se porte bien. La balance commerciale bioalimentaire est positive pour la deuxième année et atteint près de 350 millions.

Les transformateurs alimentaires québécois se sont révélés un moteur de croissance depuis les 10 dernières années et l'innovation y est certainement pour quelque chose. C'est pourquoi le Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation (CTAC) souhaite que le secteur soit reconnu à sa juste valeur étant donné qu'il est le premier secteur manufacturier québécois en ce qui a trait aux livraisons manufacturières et aux emplois.

«Nous reconnaissons qu'il faut que le gouvernement procède à des coupes, mais nous souhaitons qu'il voie l'industrie de la transformation alimentaire comme un contributeur important à l'économie, et non accessoire.»

Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du CTAC

Les transformateurs alimentaires ont investi des centaines de millions en immobilisations en 2013, signe qu'ils cherchent à augmenter leur productivité par l'automatisation de leurs installations, fait remarquer Dimitri Fraeys, vice-président Innovation et relations avec les membres au CTAC.

Mme Cloutier ajoute que le secteur fait preuve d'innovation et qu'il mérite d'obtenir une « reconnaissance plus officielle » qui permettrait à ses artisans d'avoir accès à des programmes, concernant l'exportation et l'innovation, par exemple, offerts par d'autres ministères que celui de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. « Ça ferait une différence. Ça augmenterait le nombre d'innovations. Un produit perd sa place sur les tablettes des épiceries après trois ans s'il n'a pas connu d'innovation, signale Mme Cloutier. Le taux de rentabilité du secteur n'est pas très élevé et les transformateurs doivent souvent investir leur propre argent en recherche et développement. À long terme, on va perdre nos produits à valeur ajoutée. »

Le directeur des communications et de l'image de marque au CTAC, Sébastien Nadeau, ajoute que la campagne À table Québec, lancée en avril dernier, vise d'abord à faire connaître l'industrie auprès du grand public, mais que cette reconnaissance pourrait contribuer à obtenir une meilleure écoute auprès du gouvernement.

Sur le web : https://atablequebec.org/

Améliorer l'offre alimentaire

Une des tendances fortes de l'industrie de la transformation alimentaire est d'améliorer l'offre en adhérant, par exemple, au programme Melior.

Lancé officiellement en 2011, ce programme de charte d'engagements volontaires de progrès nutritionnel pour l'amélioration de l'offre alimentaire est unique en Amérique du Nord.

Dix entreprises, dont cinq transformateurs, se sont, à ce jour, engagées à modifier la composition nutritionnelle de leurs produits ou de leurs menus, selon leur réalité commerciale et technique, ainsi que leurs ambitions. Les entreprises elles-mêmes formulent leurs propres engagements - il y en a 45 d'entrepris - qui, une fois déposés, sont validés par un comité d'experts du Conseil des initiatives pour le progrès en alimentation (CIPA).

Six autres transformateurs travaillent actuellement à rédiger leurs engagements.

Une période maximale de deux ans leur est allouée pour atteindre les objectifs et commercialiser les produits améliorés. « L'essentiel des engagements a été pris sur le plan de la teneur en sodium, remarque Annick Van Campenhout, directrice générale du CIPA. Ce n'est pas un hasard puisqu'on sait qu'il y a eu un groupe de travail sur la réduction du sodium au niveau fédéral. La teneur en sucre n'est pas encore attaquée, mais on sent que ça s'en vient avec le projet de modifier l'étiquetage au fédéral pour afficher le total des sucres et des sucres ajoutés, et avec le fait que les grandes chaînes ciblent de plus en plus les transformateurs pour revoir la nécessité du sucre dans la fabrication de leurs produits. »

Le mouvement d'une meilleure offre alimentaire est si fort qu'il se pourrait bien que le programme soit étendu au reste du Canada, annonce Mme Van Campenhout.

Manger localement

Le gouvernement du Québec a adopté en mai 2013 une politique de souveraineté alimentaire qui n'a eu que du bon pour Aliments du Québec, un organisme voué à la promotion des produits agroalimentaires québécois, créé en 1996.

Ayant également la marque Aliments préparés au Québec, l'organisme souhaite, au cours des prochains mois, mieux positionner le transformateur comme faisant partie de l'achat local. « On voudrait que la marque Aliments préparés au Québec atteigne la même notoriété qu'Aliments du Québec comme certification de provenance, signale Marie Beaudry, directrice générale. Pour avoir cette certification, les intrants doivent être locaux, à moins que ce ne soit pas possible, comme pour le chocolat. »

Actuellement, plus de 16 500 produits sont certifiés Aliments du Québec ou Aliments préparés au Québec, ce qui concerne quelque 900 entreprises.

En chiffres

400 millions

Somme investie en immobilisations en 2013 par les transformateurs alimentaires.

70 %

Pourcentage de tout ce qui est produit dans le milieu agricole au Québec que les transformateurs alimentaires se procurent pour le transformer et le revendre.

Le secteur de la transformation alimentaire en chiffres

62 095

Nombre d'emplois dans le secteur de la transformation alimentaire au Québec.

2052

Nombre d'emplois perdus en 2013, soit 3,2 %. Une première depuis la crise économique puisque, de 2008 à 2012, ce secteur a créé plus de 1000 emplois.

22,7 milliards

Estimation de la valeur des livraisons manufacturières de l'industrie de la transformation bioalimentaire. Une baisse de 1,3 %.

57 %

Place occupée dans l'industrie par la fabrication de produits laitiers, de produits de viande, de boissons et de produits du tabac. Une baisse de 5 % qui s'explique par une diversification de la structure industrielle.

24 %

Part du Québec dans les livraisons canadiennes. Une augmentation de 1 % en 2013.

65 %

Part de l'ensemble des livraisons manufacturières de l'industrie de la transformation provenant de la mise en conserve de fruits et de légumes, de la fabrication de produits de viande, de la boulangerie et la fabrication de tortillas, de la fabrication d'aliments pour animaux et de la fabrication de produits laitiers.

1 %

Proportion de l'augmentation des ventes de produits québécois permettant de créer près de 1500 emplois.

Sources : Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation et Activité bioalimentaire au Québec en 2013, ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.




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