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De local à mondial: Bouclair, de fil en aiguille vers la déco

Voici un mélange réussi de textures et de... (Photo fournie par Bouclair)

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Voici un mélange réussi de textures et de matières.

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La Presse

Une suggestion d'Alain Bouchard, fondateur d'Alimentation Couche-Tard. «Il a repris l'entreprise familiale qui ne s'en allait nulle part. Elle vendait du tissu, du fil, des patrons. Il l'a transformée en Bouclair Maison.»

Bouclair

> Rachetée par Peter Goldberg en 2003

> Magasins: 110

> Présence: neuf provinces au Canada

> Employés: 1200

«Peter m'a contacté il y a une quinzaine d'années, il voulait me rencontrer, raconte le fondateur de Couche-Tard Alain Bouchard. Il avait environ 32 ans à l'époque, si je me souviens bien.»

Sa mémoire ne lui fait pas défaut.

«J'avais 31 ans, confirme de son côté Peter Goldberg. J'avais écrit à M. Bouchard une lettre dans laquelle je l'invitais à luncher en disant que j'étais un jeune entrepreneur, que j'avais un projet et que je voulais lui poser des questions. J'ai été très chanceux qu'il accepte. J'avais mon carnet, mon crayon, et quand il a parlé, j'ai pris des notes. Il m'a encouragé et ça a été très important pour moi à cette étape de ma carrière.»

Peu de temps après, en 2003, Peter Goldberg rachetait Bouclair, l'entreprise familiale fondée par son père et détenue alors par quelques actionnaires.

Ce fut l'amorce d'un virage qui a bouleversé les fondements de l'entreprise, un cas rarissime de détaillant qui change complètement de secteur d'activités - et qui réussit.

Bouclair se spécialisait alors dans la vente de tissus et d'articles de couture, un marché en décroissance. Il fallait corriger la tendance. Une partie importante des étoffes achetées chez Bouclair étaient destinées à la fabrication de tentures. «Ce n'était pas un changement majeur de passer du tissu pour les rideaux aux rideaux tout faits», décrit le discret entrepreneur, dans un excellent français. «Et quand tu as des rideaux, tu peux offrir des coussins. Dès lors, pourquoi pas un tapis? Ensuite, tu considères la maison au complet.»

De fil en aiguille, Bouclair s'est ainsi tournée vers la décoration. L'entreprise a ouvert en 2007 son premier magasin Bouclair Maison, uniquement consacré aux articles de décoration. Cette raison sociale amalgamée perpétuait la notoriété de la marque, tout en soulignant sa nouvelle orientation.

«Je dois admettre que quand j'ai commencé, ce n'était pas facile, confie Peter Goldberg: je ne savais pas ce que je ne savais pas. J'ai fait des erreurs.»

Il était jeune, avait peu d'expérience et il créait une nouvelle entreprise avec une nouvelle équipe de gestion.

«Ça nous a pris quelques années avant de comprendre que l'attention devait être portée uniquement sur les produits design, tendance, avec un bon rapport qualité-prix.»

L'entreprise a constitué une équipe de concepteurs, chargée de réunir ou créer des collections originales. Sur cette lancée, Bouclair a lancé au printemps dernier sa gamme Atelier: des collections de meubles, conçues par ses designers et fabriquées en Asie.

Le catalogue de 132 pages et 500 articles est soutenu par la plateforme de commerce en ligne créée pour l'occasion. Après six mois, «si on la considère comme un magasin, c'est déjà le meilleur de la chaîne».

Un pied sur le tapis international

Au moment de l'ouverture du premier Bouclair Maison, en 2007, l'entreprise comptait environ 75 magasins. La chaîne en possède maintenant 110, dans toutes les provinces canadiennes sauf l'Île-du-Prince-Édouard. Bouclair emploie quelque 1200 personnes au Canada.

Il y deux ans et demi, l'entreprise a commencé à établir des partenariats avec des détaillants internationaux d'articles pour la maison.

Bouclair leur procure des collections de produits de décoration originales, typées, bien intégrées.

«On offre aux détaillants une solution clés en main, explique Peter Goldberg. Pour eux, c'est facile. Ils reçoivent une collection complète, un planogramme de montage en magasin, l'affichage, les images, les outils de marketing.»

Chacun des magasins accueille ainsi «une boutique consacrée à Bouclair Maison», où les collections changent à intervalle de quatre à six mois.

«Ce qu'on vend à l'international, c'est notre propriété intellectuelle», résume-t-il. Les revenus prennent la forme d'une commission sur les ventes.

Les collections de Bouclair Maison sont pour l'instant distribuées en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Finlande, en Malaisie et à Singapour, dans des chaînes comme la finlandaise Kesko ou l'australienne Spotlight. D'ici quatre mois, des détaillants au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Indonésie s'y ajouteront.

Les magasins et la plateforme en ligne procurent encore la plus grande partie du chiffre d'affaires de Bouclair, «mais on peut voir en même temps que l'international a beaucoup de potentiel, conclut Peter Goldberg. Il y a beaucoup de pays, beaucoup de magasins. Si on continue sur ce chemin, ça ne peut que croître d'année en année».




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