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Planifier le pire

Natalie Hotte et Richard Lalongé, experts-conseils et planificateurs... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Natalie Hotte et Richard Lalongé, experts-conseils et planificateurs financiers pour Banque Nationale Gestion privée 1859, constatent que de nombreux éléments de la planification successorale demeurent méconnus.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

On s'unit pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Personne n'aime songer au jour où sa tendre moitié mourra. Pourtant, une planification successorale et un testament sont peut-être les ultimes preuves d'amour qu'on puisse lui offrir. La preuve en sept conseils.

NE PAS REMETTRE À DEMAIN

« La meilleure façon de protéger les gens que vous aimez, c'est de rédiger votre testament. C'est pourquoi il ne faut pas remettre à demain votre planification successorale », dit Brigitte Felx, planificatrice financière à la RBC.

Première étape : discutez de vos dernières volontés avec vos proches. Deuxième étape : rencontrez un planificateur financier qui fera un bilan de vos actifs et de votre situation familiale. « Vous arriverez ainsi mieux équipé devant le notaire », souligne Natalie Hotte, expert-conseil et planificatrice financière pour Banque Nationale Gestion privée 1859. Elle conseille de maintenir à jour un dossier contenant tous les documents importants - contrat de mariage, assurances, testament, liste des actifs. De quoi faciliter la vie de votre conjoint éprouvé après votre mort.

PROTÉGER LES CONJOINTS DE FAIT

Les mythes entourant les conjoints de fait sont tenaces. « Les gens pensent encore que le conjoint de fait est reconnu par la loi, mais il ne l'est pas. En l'absence d'un testament, il ne récolte rien », rappelle Richard Lalongé, expert-conseil et planificateur financier pour Banque Nationale Gestion privée 1859. Même s'il y a un testament, ce dernier doit être explicite sur les biens et les actifs qui reviennent au conjoint de fait, car les règles concernant le patrimoine familial ne s'appliquent pas. Un véritable casse-tête, surtout pour les familles reconstituées. « Il arrive que le défunt lègue la maison aux enfants de sa première union et sa conjointe se retrouve sans domicile. Ça cause pas mal de chicane ! », rapporte M. Lalongé.

DÉMÊLER LES BÉNÉFICIAIRES

« Dans tous les régimes de retraite, la loi dicte qui sera l'héritier, dit Natalie Hotte. Quand on a un conjoint, ça se complique, car il a priorité, peu importe ce qu'on a écrit dans notre testament. » Mais le conjoint n'est pas toujours celui qu'on pense. Si vous êtes un employé dont le régime de pension est encadré par la législation fédérale, « la loi dit que le conjoint de fait a priorité sur le conjoint marié comme bénéficiaire », explique Mme Hotte. Au Québec, c'est l'inverse : les fonds de retraite régis par la Loi sur les régimes complémentaires de retraite désignent automatiquement comme bénéficiaire le conjoint marié. Une situation qui peut créer de coûteuses surprises pour le conjoint survivant.

PRÉVOIR LE COÛT DE VIE

La planification successorale sert aussi à établir les revenus nécessaires au conjoint survivant afin d'assurer sa qualité de vie. Généralement, on estime cette somme à 80 % du coût de vie calculé au moment où les deux conjoints sont en vie. « Mais pour certaines personnes, cela peut être trop ou pas assez, précise Richard Lalongé. Voilà pourquoi il faut réaliser un bilan des actifs, des dettes fiscales, des assurances vie, des revenus d'emploi, etc. Après quoi, on vérifie s'il en manque et, si c'est le cas, on peut proposer différentes solutions. » Par exemple, si un couple a des enfants à charge, il pourrait magasiner des assurances temporaires qui couvriront les besoins de la famille si l'un des conjoints meurt.

NE PAS OUBLIER LES DETTES ENTRE CONJOINTS

Dans la vie comme dans la mort, les bons comptes font les bons époux. « Les conjoints qui se prêtent de l'argent doivent savoir que même après la mort de l'un des deux, la dette est maintenue, signale Natalie Hotte. Par exemple, le conjoint débiteur devra remplir ses obligations envers la succession à moins que la dette ne soit prescrite [une dette qui s'éteint par l'effet du temps en vertu de la loi] ou qu'il n'existe une position claire dans le testament. Sinon, ça peut susciter des conflits. »

ET SI ON MEURT EN MÊME TEMPS ?

Voilà une question importante que les couples ne se posent pas suffisamment, selon Brigitte Felx. « Qu'arrive-t-il si vous avez des enfants ? Qui s'occupera d'eux ? Comment subviendrez-vous à leurs besoins ? Qui gérera leurs avoirs ? », demande-t-elle. La planificatrice financière recommande aux parents de créer une fiducie testamentaire, tant pour les enfants mineurs que pour les jeunes adultes qui ne sauront pas forcément bien gérer tout cet argent. « Vous n'avez pas besoin d'être fortuné pour mettre sur pied une fiducie, indique Mme Felx. Les sommes s'accumulent plus rapidement qu'on ne le croit après un décès et une fiducie protège le capital de votre enfant. Vous pourrez lui donner accès à cet argent en temps et lieu, selon des règles que vous fixerez personnellement. »

BIEN CHOISIR SON LIQUIDATEUR

Le liquidateur, ou l'exécuteur testamentaire comme on l'appelait autrefois, a une longue liste de tâches et de responsabilités. « Les gens sous-estiment le mandat du liquidateur, observe Brigitte Felx. Pour en avoir discuté avec des liquidateurs nommés, ce n'est pas toujours un service à rendre à un proche quand vous lui demandez d'endosser ce rôle qui, disons-le, est un peu ingrat. Veillez à ce qu'il soit bien au courant de ce que cela implique. »




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