Le pari était ambitieux, mais il faut croire que ses promoteurs avaient vu juste: deux ans après son inauguration, le campus de l'Université de Montréal (UdeM) à Laval touche déjà une clientèle de 5000 étudiants à temps plein et temps partiel.

Mis à jour le 22 nov. 2013
Yvon Laprade LA PRESSE

«Ça va très bien: le plan du départ est respecté, souligne Raymond Lalande, vice-recteur aux études de l'Université de Montréal et responsable du développement du campus de l'UdeM à Laval. Nous avions fait les bonnes évaluations et ciblé les bons secteurs.»

Le campus a ouvert ses portes en novembre 2011 dans un édifice tout neuf construit au-dessus de la station de métro Montmorency, en face du cégep. «Nous offrons une quarantaine de programmes, précise Martine Lavoie, directrice du campus et du bureau de l'enseignement régional. Il y a une très forte activité.»

À un point tel que la direction de l'Université a décidé de prendre de l'expansion à compter de l'automne 2014. «Nous allons occuper davantage le 6e étage de l'édifice d'ici à un an», annonce-t-elle.

Et le vice-recteur précise: «C'est ici qu'un premier doctorat sera offert en psychologie, option neuropsychologie clinique. C'est à Laval que seront désormais formés les futurs neuropsychologues cliniciens de l'Université de Montréal.»

De nouvelles clientèles

Raymond Lalande soutient que le campus de l'UdeM à Laval répond à un besoin et qu'il a même contribué à attirer de «nouvelles clientèles» d'étudiants, en provenance principalement de Laval et de la couronne nord de Montréal.

Il tient à le dire deux fois plutôt qu'une: ce n'est pas parce qu'il y a un nouveau campus à Laval que l'Université de Montréal s'en trouve affaiblie.

«Nous n'avons pas déplacé des clientèles, bien au contraire, fait-il valoir. Nous avons plutôt favorisé l'accessibilité aux études.»

Des exemples? «Avant l'ouverture du campus, dit-il, on admettait 80 étudiants en service social à l'Université de Montréal. Aujourd'hui, nous en avons 160: 80 à Montréal, 80 à Laval. C'est révélateur. Ça montre à quel point notre campus contribue à attirer de nouvelles clientèles.»

Même phénomène en sciences infirmières, selon lui. «La demande a été tellement forte qu'il a fallu ouvrir de nouvelles cohortes», se réjouit-il.

Comment expliquer un tel succès? «Notre campus est relativement autonome, répond-il. Nos étudiants apprécient de pouvoir faire toute leur formation sous un même toit, à Laval. C'était voulu ainsi: nous ne voulions pas que le campus soit une extension d'une université et que les étudiants n'y viennent que pour suivre quelques cours.»

Pas de subventions

Par ailleurs, le vice-recteur aime rappeler que le campus est un projet «pour lequel [l'UdeM] n'a pas demandé de subvention gouvernementale».

«La participation du gouvernement et du ministère de l'Enseignement se situe uniquement au niveau du financement des clientèles étudiantes», nuance-t-il.

Il faut également rappeler que la construction de l'immeuble dans lequel loge l'UdeM à Laval a été réalisée sous la forme d'un partenariat public-privé (PPP) entre la Ville de Laval, le promoteur Pomerleau et l'Université.

«On n'est pas propriétaire de l'édifice, mais plutôt en location avec option d'achat, rappelle Raymond Lalande. On peut parler d'une sorte de PPP. La beauté de l'affaire, c'est que le campus se finance à partir de ses revenus d'exploitation et avec [la contribution] de ses clientèles étudiantes.»